Trafic de drogue:Le président de la commune Boukhalef derrière les barreaux

Discussion dans 'Info du bled' créé par freil, 10 Novembre 2005.

  1. freil

    freil Libre Penseur

    J'aime reçus:
    52
    Points:
    48
    A.T, président de la commune rurale de Boukhalef a été condamné, la semaine dernière, par la Chambre criminelle du tribunal de première instance de Tanger à une peine de 5 ans de prison ferme et une amende de 30.000 dh, pour trafic de drogue.
    L’inculpé a été convaincu de son implication dans une affaire de trafic de quelque 330 kg de chira saisis début janvier au port de Tanger. Une affaire qui, rappelons-le, avait abouti à l’arrestation d’un certain A.B condamné, depuis, à une peine de prison de 3 ans et demi ferme.


    Selon certaines sources, ce dernier n’aurait cessé depuis d’adresser des lettres au parquet de Tanger pour dénoncer l’implication de l’actuel président de Boukhalef dans l’affaire. En septembre dernier, et sur foi de ces accusations, la Gendarmerie de Tanger a procédé à l’arrestation du président de la commune, un transfuge, passé du pôle haraki au parti de l’Istiqlal.
    A.T aurait ensuite été entendu par le juge d’instruction et incarcéré après avoir été formellement identifié par A.B, le premier inculpé dans l’affaire. S’en est suivie une polémique alimentée notamment par la presse istiqlalienne. Celle-ci crie au complot ourdi par les adversaires politiques et les «milieux mafieux» contre le président de la commune.
    Le ralliement de A.T, avec la plupart des membres du conseil de la commune, au PI et sa découverte, soulignent les sources du parti, des failles et des irrégularités dans la gestion de son prédécesseur des affaires de la commune, aurait fait de lui une cible de «tout un réseau de véreux». Ses détracteurs ont eu recours, poursuivent les mêmes sources, aux «pratiques mafieuses» tenant à l’impliquer dans cette affaire de trafic de drogue sur foi de «délation» d’un prisonnier.
    Depuis l’arrestation du président, c’est toute la gestion de la commune qui semble paralysée. Une situation qui risque de durer à cause de la polémique et des conflits internes soulevés par cette affaire.
    L’ancien président de la commune, un militant du pôle haraki, est pointé clairement du doigt par les partisans de A.T. Ce serait, selon eux, lui qui serait derrière toute cette affaire.
    Son nom, rappelons-le, figurait sur la liste des personnes invitées fermement à ne pas se représenter aux dernières élections communales. Et cet ancien président de commune rurale avait tenté de se rebeller contre cette décision en finissant par être rappelé à l’ordre.
    Son nom est également cité dans une affaire d’occupation illégale des locaux de la STR, ancienne station de transmission et de réception installée par le gouvernement des USA et actuellement propriété de la MAP.
    C’est, en effet, en tant que président de la commune qu’il aurait «permis» à un certain L.H de squatter ces locaux transformés depuis en entrepôt pour vraisemblablement stocker la drogue destinée à être exportée vers l’Espagne à bord de zodiacs. L’occupant illégal des lieux se disait dûment mandaté pour occuper le local, par le président de la commune de Boukhalef. Il laissait entendre, en outre, qu’il était très protégé, qu’il avait les bras longs et que nulle autorité ne pourrait le déloger de ce bâtiment.
    Certaines sources affirment que les lieux serviraient régulièrement de base-arrière pour le trafic de drogue et l’émigration clandestine. Selon les mêmes sources, des embarcations dotées de hors-bords ultra-puissants qui servent à convoyer la drogue et transporter les clandestins vers les côtes espagnoles partiraient régulièrement de cet endroit. L’une de ces embarcations a d’ailleurs été découverte, il y a quelques mois, enlisée dans le sable, à quelques dizaines de mètres du local.
    La zone n’est pas couverte par le système de surveillance électronique (SIVE) mis en place, il y a quatre ans, par le gouvernement espagnol pour contrôler les côtes de sud de l’Andalousie et celles de sorties des pateras au Nord du Maroc. L’affaire est toujours en instruction et l’ancien occupant des locaux, repris finalement par leur propriétaire (la MAP) fait objet d’un mandat d’amener émis par le parquet de la Cour d’appel de Tanger.
    Le mis en cause, qui serait toujours en fuite, doit répondre, devant le tribunal, du crime de dégradation de biens publics et devant le tribunal de première instance de délit d’occupation illégale du domaine public et d’agression contre des fonctionnaires.
    Par ailleurs, estime-t-on, cette dernière affaire ne serait pas étrangère à la réactivation de celle de la saisie des 330 kg qui a conduit à l’inculpation et l’incarcération de A.T. D’aucuns laissent entendre que c’est une man½uvre pour étouffer ce qui a été convenu d’appeler «l’affaire de la STR» dont les multiples ramifications seraient intimement liées à la gestion et aux anciens gestionnaires de la commune.

    Tahar Abou El Farah


    LIBERATION
     

Partager cette page