Trafic de médicaments : Une épée de Damoclès pour les pharmaciens

Discussion dans 'Info du bled' créé par kochlok03, 9 Octobre 2007.

  1. kochlok03

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    50% des médicaments sont vendus en dehors des officines La saisie récemment à Casablanca de 50.000 boîtes de médicaments ‘’Aspro’’ et ‘’Claradol’’ effervescent (à base de paracétamol), des laboratoires Bayer, dans une épicerie casablancaise a défrayé la chronique. Ces médicaments, entreposés illégalement près de Sidi Moumen, ont été vendus clandestinement à plusieurs commerçants de la capitale, y compris des épiciers. Une autre saisie similaire a été effectuée à Meknès.

    Ces médicaments sont commercialisés sans autorisation de mise sur le marché. Le commerce illicite des médicaments ne date pas d’aujourd’hui. Cela fait plusieurs années que la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc (FNSPM)) tente d’alerter les pouvoirs publics. Mais sans succès. Actuellement, ce sont des trafiquants de médicaments qui cherchent des clients. Des rabatteurs y interpellent les gens directement sur le trottoir, voire dans les terrasses de cafés et leur demandent s’ils ont besoin de médicaments.


    Les gens, particulièrement crédules, sont inconscients des risques pris ou n’ont pas, disent-ils, d’autre choix en raison du prix du médicament. Le Dr Anwar Fennich, président de la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc (FNSPM)), crie au scandale. Indigné et outré, A. Fennich appelle le ministère de la Santé et celui de l’Intérieur à mettre fin à cette anarchie qui sévit au niveau de la commercialisation de certains médicaments qu’on retrouve un peu partout. « Le trafic des médicaments est développé au Maroc parce que plusieurs circuits parallèles se sont développés au vu et au su des pouvoirs publics.

    En toute logique, le médicament est censé se trouver uniquement dans les pharmacies et nul part ailleurs. Mais malheureusement, dit-il, ce n’est pas le cas, il se vend par tout : dans des épiceries et sur le bord des trottoirs. On le trouve également dans les communes comme c’est le cas à Casablanca où la mairie fait fréquemment des achats monstrueux d’insulines qu’elle distribue aux diabétiques sans se soucier des normes de stockage », a-t-il expliqué. Et d’ajouter que même des médicaments destinés à nos provinces du Sud sont détournés pour être vendus au Nord.

    Le trafic de certains médicaments est tellement développé qu’on ne trouve plus ‘’Aspro’’ et ‘’Claradol’’ dans les pharmacies. « Cela fait presque quatre ans qu’on ne trouve plus ‘’Aspro’’ et ‘’Claradol’’ dans les pharmacies et cela est très inquiétant. Plus grave encore, ces deux médicaments ont même disparus des bons de commandes des pharmaciens, puisque rares sont les patients qui viennent les chercher.

    Les gens ont pris habitude d’aller directement les acheter chez l’épicier du coin », a-t-il déclaré. Devant ce fait accompli, les questions qui se posent sont : qui alimente ce commerce informel ? Existe-t-il un trafic à l’échelle industrielle ? Autant de questions qui ne trouvent pas encore de réponses. Dans le cas des 50.000 boîtes de médicaments saisies dans une épicerie casablancaise, la justice doit dire si oui ou non il existe un trafic des médicaments.

    La Fédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc n’exclut pas de porter plainte contre la partie qui est derrière cet acte.

    Les pharmaciens n’ont plus les moyens de faire face à cette concurrence déloyale. A en croire A. Fennich 50% des médicaments qui sont censés être disponibles dans les pharmacies sont vendus en dehors de ces dernières, alors que celles-ci existent un peu partout au Maroc. Mais à la surprise générale, tout s’improvise pharmacien, alors que n’est pas pharmacien qui veut, mais c’est celui qui aurait étudié ce métier et mérite de faire la prise en charge médicale des populations, soit dans les structures de soins, soit dans les officines. Conséquence : on voit le déversement, dans nos villes et nos campagnes, de médicaments d’origine douteuse ou contrefaits vendus sans aucun contrôle.

    A la question de savoir pourquoi les pharmaciens s’alarment sur la vente de ces deux produits, alors qu’ils ne nécessitent pas ordonnance donc ne présentant pas de danger pour les citoyens, il a répondu que ‘’sans ordonnance’’ ne veut pas dire ‘’sans surveillance’’, puisqu’il y a un pharmacien derrière l’octroi du médicament. « Avant de délivrer un médicament, le pharmacien doit d’abord savoir si le patient ne présente pas de symptômes de contre-indication », a-t-il rétorqué.

    ‘’Aspro’’, par exemple, est contre-indiqué en cas de problème d’hémorragie, chez une femme enceinte ou celle qui vient d’accoucher. Un marchand de médicaments qui travaille dans ‘’l’informel’’ ne peut pas savoir ces informations. Il va donc vendre le médicament. Un pharmacien, quant à lui, s’abstiendra si le client présente ces symptômes. « Quand on n’a pas la possibilité de soigner la population, on doit contribuer à ne pas la rendre malade », a-t-il dit.

    A ceci s’ajoute le problème de la contrefaçon. Un produit qui sort du circuit légal peut être assujetti à la contrefaçon. On n’ignore la composition des produits qui entrent illégalement par nos frontières. Pour se faire entendre, la fédération mise beaucoup sur la sensibilisation de l’opinion publique et les responsables. Elle appelle à l’application stricte des textes de lois et de poursuivre tous les trafiquants.

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    Un trafic juteux ! Le Maroc n’est évidemment pas le seul pays concerné par la contrefaçon ou le commerce illégal des médicaments. Un médicament sur dix dans le monde est vendu illégalement. Et d’après une étude de la ‘’Food and Drug Administration’’ américaine, les préparations contrefaites représenteraient plus de 10% du marché mondial, soit 32 milliards de dollars de bénéfices par an.

    Et cela n’est pas près de s’arrêter. Selon la Fédération internationale des industries du médicament, ce trafic serait 25 fois plus rentable que le commerce de l’héroïne et 5 fois plus que celui des cigarettes.

    La contrefaçon est très lucrative. Elle ne demande pas de logistique importante et pas besoin de grands établissements. Souvent, il suffit d’un simple entrepôt désaffecté ou d’une arrière-boutique pour se lancer dans la fabrication ‘’des copies’’ de certains médicaments.


    lematin
     

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