Transport : La CGEM rejette les dégâts collatéraux

Discussion dans 'Scooooop' créé par kochlok03, 10 Avril 2007.

  1. kochlok03

    kochlok03 Visiteur

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    La voie du dialogue doit prévaloir pour le traitement de la polémique suscitée par le projet de Code de la route. C'est l'avis de Moulay Hafid Elalamy, patron de la CGEM, qui se dit pour le respect et du droit de grève et du droit du travail.


    ALM : Quelle appréciation faites-vous, à la CGEM, des deux grèves du transport ?

    Moulay Hafid Elalamy : Lors de la première grève, le droit de grève a été respecté, mais le droit du travail a été bafoué. Pendant le deuxième débrayage, la semaine dernière, et le droit de grève et le droit du travail ont été préservés de manière globale. Pour que nos économies puissent être sauvegardées et que notre démocratie puisse continuer son évolution, il est important de respecter à la fois le droit de grève et le droit du travail. Je pense qu'en général, nous sommes dans une évolution positive.

    Pourquoi la deuxième grève a-t-elle failli dégénérer ?

    Il ne faut pas amplifier les évènements. La démarche essentielle à mon avis était de pouvoir arriver à la table des négociations non pas en ordre dispersé, mais suivant une méthodologie susceptible d'aider à désamorcer la crise, tout en faisant entendre sa voix. C'est dans ce sens que je considère que la deuxième grève était positive dans sa démarche. Le droit du travail a été préservé et la prise en otage de l'économie a pu être écartée. Ce sont des principes fondamentaux pour continuer à bâtir à la fois la démocratie et l'économie de notre pays. Maintenant, certes, concernant le contenu, il y a des amendements à apporter au niveau de la loi et nous avons entrepris des démarches dans ce sens. Il est question pour nous d'attirer l'attention sur des éléments susceptibles d'entraîner des dérives. Ce projet de loi est essentiel, mais sur des aspects, il mérite d'être réétudié.
    Tout cela doit être fait dans un esprit de responsabilité, et dans la plus grande sérénité.
    Les impacts des éventuelles imperfections que peut comporter le texte soumis actuellement au Parlement doivent être discutés dans les instances appropriées. Il s'agit en définitive de déboucher sur une analyse approfondie de tous les éléments pour aller à la table des négociations et pouvoir lever toutes les équivoques. Cela se fera avec le ministère concerné, mais aussi, si nécessaire, avec le gouvernement. En cas d'échec ou d'insatisfaction, l'étape suivante et naturelle est bien le Parlement. Ce sont les circuits normaux pour éviter tous les éventuels dérapages.


    On a aussi l'impression d'être face à une véritable cacophonie avec près d'une soixantaine de syndicats. Qu'en pensez-vous ?


    La logique voudrait qu'on se retrouve plutôt en présence d'une organisation structurée portant l'ensemble des revendications. Il est important de fédérer et d'avoir des interlocuteurs représentatifs, crédibles, mais surtout ayant la capacité de cerner tous les enjeux du dossier et de pouvoir communiquer et transmettre les décisions prises en temps et en heure. Ce type d'événements est à mon avis très instructif. Il est là pour nous rappeler que la négociation ne se fait pas par la force, ni dans la rue non plus. Les solutions ne peuvent être obtenues par des manifestations, ni par la prise en otage de l'économie, mais dans un cadre de concertation et de coopération. Il faut toujours opter pour une démarche constructive puisque l'objectif de tout Marocain, qu'il soit opérateur ou membre du gouvernement, malgré les divergences d'appréciation et de méthode, est d'aspirer à l'intérêt général de notre pays.


    Certains milieux ont évoqué une sorte de "neutralité positive" de la part du gouvernement dans la gestion de la dernière grève. Quel est votre commentaire ?

    Si le gouvernement n'était pas intervenu à travers une mobilisation, tout le pays aurait été bloqué. On a bien vu que tout le monde a pris ce dossier au sérieux, chacun retroussant ses manches pour que ce cap soit dépassé sans trop de dégâts. A ma connaissance, et fort heureusement, il n'y a pas eu de dérapages notoires lors de la deuxième grève. Celle-ci était plutôt normale et civilisée. Il y a eu peut-être quelques décalages dans la transmission des résultats du dialogue entre les syndicats et les autorités et des décisions qui en découlent, mais, dans sa globalité, la grève s'est déroulée dans le calme et la sérénité. Toutefois, il est incontestable que tout le monde était pris à l'improviste lors de la première grève.

    En définitive, que préconisez-vous, à la CGEM, pour résoudre cette polémique autour du projet du Code de la route ?


    La démarche que nous privilégions pour le traitement de ces dossiers consiste à procéder de manière à ce que le dialogue ne soit jamais interrompu. Notre postulat de départ est qu'il n'y a jamais de problème insoluble ni insurmontable. Pour en venir à bout, on ne doit toutefois jamais se tourner le dos, mais au contraire, travailler la main dans la main.
    Concernant les accidents de la route, nous ne pouvons pas continuer, en tant que citoyens engagés dans la vie de notre pays, à accepter, ni l'état actuel des choses ni l'évolution des drames de la route et du nombre de nos concitoyens qui en font les frais. Nous admettons que nos routes sont parcourues par des engins structurés pour la mort. Il faut que les uns et les autres prennent conscience de tout cela et travaillent de concert pour changer cet état de fait. Aujourd'hui, nous sommes condamnés à travailler dans un climat de dialogue auquel nous devons nous accrocher de part et d'autre (opérateurs et membres du gouvernement). Il est question, pour tous les partenaires, d'arriver à des solutions sans dégâts collatéraux.
    Le Maroc est un pays qui, avec ses qualités et ses défauts, a appris à régler ses problèmes dans la sérénité. Cela doit être la règle d'autant qu'on se retrouve face à des problèmes largement surmontables. Nous trouverons une issue au niveau du ministère concerné, du gouvernement et du Parlement.



    aujourdhui.ma
     

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