Turquie : la mort d'un ado blessé par la police ravive la mobilisation contre Erdogan

Discussion dans 'Info du monde' créé par Med Omar, 13 Mars 2014.

  1. Med Omar

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    Turquie : la mort d'un ado blessé par la police ravive la mobilisation contre Erdogan

    Berkin Elvan, un adolescent de 15 ans, blessé à la tête par une grenade lacrymogène à Istanbul lors des troubles anti-gouvernementaux de juin en Turquie, a rendu l'âme ce mardi après 269 jours de coma, une mort qui a ravivé la flamme de la contestation dans un pays déjà miné par un scandale de corruption sans précédent, qui continue de secouer le gouvernement du Parti de la Justice et du Développement (AKP).
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    La mort du jeune Berkin Elvan a chauffé les esprits des mécontents de la politique du gouvernement et de son Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, qui ont saisi l'occasion de ce décès pour investir encore une fois les rues et manifester leur colère, dans plusieurs villes, comme Istanbul, Ankara, Izmir et Antalya.

    Les confrontations ont commencé tôt dans la matinée après l'annonce de la mort de Berkin Elvan quand la police est intervenue contre une centaine de personnes rassemblées devant l'hôpital où il a rendu l'âme, qui se sont attaquées à des véhicules des forces de l'ordre, rapporte l'Agence de presse officielle turque Anatolie.


    D'autres incidents ont eu lieu dans l'après-midi à Ankara où plusieurs centaines de manifestants en colère sont descendus dans la rue après avoir appris la triste nouvelle. Ils se sont rassemblés dans un campus universitaire avant de commencer à marcher sur le quartier général de l'AKP, le parti au référentiel islamiste au pouvoir en Turquie depuis 2002.

    La police anti-émeute a dispersé la foule à coup de canons à eau, selon les images diffusées par les chaînes de télévision turques. L'afflux des manifestants sur la principale place de la Capitale a repris dans la soirée dans un défi aux forces de l'ordre, déployés pourtant en grand nombre.

    Des scènes similaires ont lieu dans la soirée aux abords de la place Taksim où la police a usé des canons à eau pour disperser et repousser des manifestants, voulant se rendre sur cette place mythique, désormais symbole de la contestation populaire en Turquie.

    Des milliers de personnes, essentiellement des lycéens et étudiants, ont organisé tout au long de la journée de mardi, rassemblements et sit-in dans plusieurs villes comme Istanbul, Ankara, Izmir et Antalya pour rendre hommage au jeune Berkin Elvan, scandant des slogans hostiles au gouvernement et à son Premier ministre.

    Ce nouveau décès tombe mal pour le chef du gouvernement turc déjà fragilisé par un scandale politico-financier sans précédent à la veille d'échéances électorales importantes, les municipales prévues pour le 30 mars courant et les présidentielles le 10 août de cette année.

    Erdogan et son entourage se trouvent actuellement au cœur d'une affaire de corruption qui a déjà provoqué la démission de trois ministres et précipité un remaniement ministériel d'envergure, qui a concerné près de la moitié des portefeuilles, dont les plus importants sont l'Intérieur et la Justice.

    Depuis le déclenchement de ce scandale le 17 décembre dernier, le Premier ministre turc ne cesse de pointer du doigt son ex-allié, l'érudit turc Fethullah Gulen et sa puissante confrérie, et de les accuser d'avoir constitué un "Etat parallèle", notamment dans la hiérarchie policière et l'appareil judiciaire pour manipuler l'enquête anticorruption en cours dans le but de faire tomber son gouvernement.

    Ce scandale a pris de nouvelles dimensions après la diffusion sur Internet d'enregistrements audio, non authentifiés, mettant en cause directement le chef du gouvernement turc dans des affaires de corruption. Ces écoutes téléphoniques ont suscité de vives réactions de l'opposition politique, qui a réclamé la démission immédiate d'Erdogan, et enflammé la rue dans plusieurs villes où des milliers de personnes sont descendues pour manifester leur colère et demandé eux aussi le départ d'Erdogan.

    Le décès du jeune Berkin Elvan n'arrange donc en rien les affaires d'Erdogan et de son Parti de la Justice et du Développement et vient raviver la contestation populaire à quelques jours des élections municipales qui s'annoncent déjà sous haute tension.

    Le cas de Berkin Elvan a été érigé en symbole de la répression exercée par le pouvoir turc contre les dizaines de milliers de manifestants qui ont occupé les rues de nombreuses grandes villes du pays pendant les trois premières semaines de juin dernier.

    Il porte à sept le nombre de manifestants qui ont trouvé la mort lors des événements de juin qui ont fait plus de 8.000 blessés. Un policier a également perdu la vie lors de ces troubles qui ont fortement secoué le gouvernement turc et son Premier ministre accusé de "dérives autoritaires".

    Ce large mouvement anti-gouvernement a commencé par un sit-in d'une poignée de militants écologistes, qui protestaient contre le déracinement des arbres du Parc Gezi qui surplombe la mythique place Taksim d'Istanbul, dans le cadre d'un projet urbanistique, qui a dégénéré, suite à une intervention musclée des forces de l'ordre, en un mouvement de contestation général contre le gouvernement et ses politiques jugées trop conservatrices et menaçant les valeurs de la laïcité.

    MAP
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