Turquie : le gouvernement mis en cause après le drame dans la mine de Soma

Discussion dans 'Info du monde' créé par dul2, 14 Mai 2014.

  1. dul2

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    Le bilan suite à l'explosion dans une mine de charbon en Turquie a encore augmenté, mercredi 14 mai, atteignant au moins 274 morts, selon un nouveau bilan du ministère de l'énergie, et 80 blessés.
    Le premier ministre Recep Tayyip Erdogan, qui est arrivé en début d'après-midi sur place à Soma, dans l'ouest du pays, a présenté ses « plus profondes condoléances à la famille et à la nation », et a décrété un deuil national de trois jours. Il a également promis une enquête approfondie sur les circonstances de l'accident, alors que le gouvernement est déjà accusé de négligence. Il a d'ailleurs été accueilli par des mineurs en colère. Des manifestations ont aussi éclaté à Ankara, des centaines d'étudiants conspuant un gouvernement déjà confronté à de nombreuses crises depuis plusieurs mois
    Dans l'après-midi, le gouvernement indiquait que 120 personnes étaient toujours bloquées sous terre, ce qui laisse entendre que le bilan final pourrait aller jusqu'à 350 morts. Il s'agit d'ores et déjà d'une des pires catastrophes industrielles de la Turquie.Une centaine

    « Je dois dire que les espoirs de retrouver des survivants s'amenuisent, mais nous allons continuer jusqu'au bout », avait expliqué un peu plus tôt le ministre de l'énergie, Taner Yildiz. Alors que plus de 400 secouristes sont mobilisés, le dernier mineur vivant a été extrait à l'aube. Depuis, ce ne sont que des cadavres qui ont été remontés à la surface.

    Pendant la nuit, des norias de secouristes ont extirpé au compte-gouttes des blessés – la plupart souffrant de graves difficultés respiratoires – pris au piège à plus de deux kilomètres de profondeur dans cette mine où leurs collègues sont morts après avoir respiré du monoxide de carbone.

    D'après les premiers témoignages, l'explosion est due à un transformateur électrique défaillant. Cette explosion a provoqué un effondrement bloquant les mineurs dans les galeries, et un départ d'incendie qui les a aussi isolés.

    « Si les ventilateurs sont en panne, les mineurs peuvent mourir en une heure », estime le spécialiste de l'industrie minière Vedat Didari, de l'université Bulent Ecevit de Zonguldak. « L'accident est survenu malgré un maximum de mesures de sécurité et des inspections mais nous avons réussi à intervenir rapidement », a réagi la compagnie minière Soma Komur, qui possède la mine.

    « TOUT ÇA POUR DES HISTOIRES DE POGNON »

    Le ministère du travail et de la sécurité sociale a indiqué que la mine avait été inspectée la dernière fois le 17 mars et qu'elle appliquait les normes en vigueur.

    Mais selon des médias locaux, trois semaines auparavant, le Parlement a refusé de former une commission pour faire un état des lieux sur la sécurité des mines. « S'il y a eu négligence, nous ne fermerons pas les yeux. Nous prendrons toutes les mesures nécessaires, dont des mesures administratives et légales », a promis le ministre Taner Yildiz.

    Un mineur a toutefois confié qu'il n'y avait« aucune sécurité dans cette mine. Les syndicats ne sont que des pantins et la direction ne pense qu'à l'argent. Il y a des gens qui sont en train de mourir là-dedans, des blessés, et tout ça pour des histoires de pognon ».

    Les explosions dans les mines sont fréquentes en Turquie, en particulier dans celles du secteur privé où, souvent, les consignes de sécurité ne sont pas respectées. L'accident le plus grave est survenu en 1992 quand 263 mineurs ont été tués dans une explosion de gaz dans la mine de Zonguldak. Le district de Soma, qui compte environ 100 000 habitants, est un des principaux centres pour l'extraction de la lignite, principale activité de la région.
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    En Turquie, après la catastrophe minière, la colère

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    Les 700 à 800 manifestants voulaient marcher d'un campus universitaire d'Ankara au ministère de l'énergie situé dans le même district?


    La police a utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour disperser des manifestants dans plusieurs villes de Turquie, mercredi 14 mai, qui accusaient le gouvernement d'être responsable de l'accident qui a tué au moins 274 mineurs dans l'ouest du pays la veille.
    La police est d'abord intervenue quand près de 4 000 manifestants se sont regroupés à Ankara. Ils voulaient marcher d'un campus universitaire d'Ankara au ministère de l'énergie situé dans le même district, conspuant le gouvernement du premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, responsable à leurs yeux de la catastrophe.

    Le drame, l'une des pires catastrophes industrielles de Turquie, a provoqué une forte réaction sur les réseaux sociaux notamment envers le gouvernement, accusé de négligence et d'indifférence au sort des travailleurs et des plus démunis en général, et des appels à manifester ont été lancés.

    ERDOGAN INTERPELLÉ À SOMA

    Des manifestations sporadiques ont ensuite lieu dans la journée à Ankara et Istanbul, selon les médias. Dans cette dernière ville, une quinzaine de personnes se sont couchées pendant dix minutes sur le sol du métro de Taksim, place emblématique de la mégapole où un bras de fer avec le pouvoir a eu lieu l'année dernière, pour rendre symboliquement hommage aux victimes.

    Dans la ville de Soma, théâtre de la catastrophe, la colère était la plus forte. La foule regroupée autour de la mine, souvent composée de proches des mineurs, voyait les secouristes sortir péniblement les cadavres.



    La venue du premier ministre n'a fait qu'exacerber les tensions. Dans la foule, des personnes lui ont jeté des pierres au cris de « assassin » et « voleur ». Des manifestants s'en sont aussi pris à son véhicule officiel malgré un dispositif policier.

    M. Erdogan est sorti de la voiture sous les huées des protestataires et est entré dans un commerce avant d'en ressortir quelques minutes après. La colère a ensuite gagné le centre-ville, où une foule de manifestants âgés d'une vingtaine d'années s'est regroupé autour de l'hôpital, protégé par des barrages de police.

    DEUIL NATIONAL

    Peu avant, le chef du gouvernement turc s'était adressé à la presse, rejetant les critiques concernant une éventuelle négligence et affirmant que les accidents miniers « se produisent partout dans le monde », en citant des accidents survenus aux XIXe et XXe siècles en Grande-Bretagne et en France notamment.

    Selon les médias locaux, il y a trois semaines le Parlement avait refusé de former une commission pour faire un état des lieux sur la sécurité des mines en Turquie. Les trois partis d'opposition avaient soumis des propositions qui ont toutes été refusées par l'AKP, le parti majoritaire de la justice et du développement dirigé par M. Erdogan.

    Le régime a décrété une journée de deuil national mercredi. Le pouvoir avait été la cible d'une fronde inédite l'été dernier pendant laquelle des millions de personnes sont descendues dans les rues à travers le pays pour dénoncer son « autoritarisme » et sa « dérive islamiste ».

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