Un an sans "made in China"? Mission impossible

Discussion dans 'Nouvelles (9issass 9assira) & Chroniques' créé par aminounou, 1 Août 2007.

  1. aminounou

    aminounou Visiteur Membre du personnel

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    J'ai lu had l'article w 3jabni w bghite na3raf l'avis dial WB & BB 3la had le fléaut li houa CHNAWA.

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    Regardez autour de vous: pourriez vous vivre aujourd'hui sans produits "made in China"? Une journaliste américaine, Sara Bongiorni, s'est posée la question un soir de Noël en constatant que tous les jouets qu'elle avait achetés pour son fils provenaient de Chine, et elle a tenté de vivre "Un an sans 'made in China'" –c'est le titre de son livre–, non pas par protectionnisme ou patriotisme économique, mais, explique-t-elle dans la revue Foreign Policy, pour constater le lien entre sa vie de famille et la mondialisation. C'est d'ailleurs le sous-titre du livre: "La véritable aventure d'une famille dans la globalisation".

    Le résultat est édifiant et la journaliste a réalisé à quel point sa vie quotidienne –aux Etats-Unis mais c'est aussi vrai en Europe, et de plus en plus ailleurs (je ne résiste pas à l'envie de republier cette photo de babouches fabriquées en Chine et en vente à Tanger...)– dépendait de produits fabriqués dans ce pays autoproclamé à juste titre "l'usine du monde". A moins d'y mettre le prix: elle donne l'exemple des chaussures de tennis de son fils, qui ne coûtent que 15 dollars dans leur version chinoise, mais dont l'alternative italienne, la seule qu'elle ait trouvée après quinze jours de recherches, lui est revenue à 68 dollars. "Pour les gens à faibles ou moyens revenus, pouvoir acheter à leur fils de quatre ans des chaussures excellentes à 15 dollars constitue un vrai avantage économique", souligne-t-elle. Et parfois, se priver de "made in China" n'est pas seulement une question de budget: elle a constaté qu'il n'y avait pas d'alternative sur certains produits.

    Au bout d'un an, la journaliste a choisi "une voie médiane", a-t-elle expliqué à la radio publique américaine NPR. C'est-à-dire qu'elle a repris partiellement ses achats de "made in China" car "on ne pouvait plus continuer à vivre comme ça"... Une journaliste chinoise lui a d'ailleurs répondu qu'à Pékin, à l'opposé, il était de plus en plus difficile de vivre sans consommer de produits de marque américaine, ce qui est excessif sauf dans certains milieux privilégiés...

    On peut tirer plusieurs leçons de cette expérience édifiante. Le constat de l'omniprésence de la Chine dans la chaîne de production mondiale a été fait depuis longtemps (voir la carte des mouvements de conteneurs dans le monde publiée par Rue89 en juin dernier...), ne serait-ce qu'en observant la courbe croissante des déficits commerciaux des Etats-Unis et de l'Union européenne avec l'empire du Milieu. Le consommateur, aux Etats-Unis comme ailleurs, en tire un profit évident car il paye ses produits moins chers. Mais Sara Bongionni ne se pose pas, dans ses interviews, de question éthique sur les conditions de travail en Chine, et sur le coût social pour les Chinois afin de lui garantir ces produits à bas prix. Ce pourrait être une piste intéressante pour avoir une attitude de consommateur "responsable". Elle n'évoque pas, non plus, les problèmes de qualité, de sécurité et d'impact environnemental que posent certains produits made in China, comme on le voit en ce moment.

    Elle n'entre pas, non plus, dans la complexité des processus de fabrication. Un récent article de l'International Herald Tribune faisait ainsi remarquer que si l'iPhone d'Apple portait la mention "designed by Apple in California, assembled in China", une bonne partie de ses composants provenaient de ... Taïwan. De quoi sérieusement brouiller les pistes sur la provenance exacte des produits que nous achetons quotidiennement, et compliquer le débat sur les délocalisations et quels types d'emploi garder dans les pays industrialisés. Et accentuer encore un peu plus notre schizophrénie absolue entre nos intérêts de consommateur, de salariés et de citoyens.​


    Source : http://www.rue89.com/2007/07/27/un-an-sans-made-in-china-mission-impossible

     

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