Un bilan contrasté

Discussion dans 'Info du bled' créé par kochlok03, 29 Janvier 2007.

  1. kochlok03

    kochlok03 Visiteur

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    Le Gouvernement Jettou fait son bilan, comme d’usage dans toutes les démocraties lors d’une année électorale. Selon le positionnement politique des uns et des autres, il sera différemment apprécié. L’observateur objectif ne peut qu’être interpellé par le caractère très contrasté du bilan.

    Dans ce que le Premier Ministre a considéré comme des réalisations, il y’a une part qui relève de l’initiative Royale. Sans vouloir retourner le couteau dans la plaie et poser le problème institutionnel, il paraît judicieux de pouvoir isoler les deux actions, la Royale et la gouvernementale quand cela est possible. Ainsi il est de notoriété publique que le gros des Investissements Etrangers a été attiré par Le Roi. Cependant sur le plan économique le gouvernement actuel peut se targuer de réussites réelles. L’avancement des travaux d’infrastructure, le logement social, le règlement des dossiers SOGETA, BNDE, le développement de l’off-shoring, l’amélioration de la formation professionnelle sont des acquis réels.

    Seulement la majorité actuelle peinera à utiliser ce bilan lors des joutes électorales. Le gouvernement Jettou a une tare originelle : son chef est un technocrate perçu comme tel par la population. Ce gouvernement est tout sauf politique et c’est ce caractère là qui explique en partie la mièvrerie du débat public. C’est ce caractère non politique qui explique l’extrême difficulté de l’équipe Jettou à «vendre» ses réalisations et surtout à imposer son action au centre des débats nationaux.

    Sur les réformes Institutionnelles le résultat est plutôt maigre. La vague de départs volontaires n’a pas réellement diminué le poids des salaires dans le Budget, c’est que le gouvernement a aussi cédé à toutes les pressions syndicales.

    La réforme de la justice est un voeu pieux, sans cesse renvoyé à plus tard, alors même que le divorce entre les citoyens et l’appareil Judiciaire paraît consommé de manière irrémédiable. Celle du système éducatif attend du nouveau conseil une impulsion qui permette d’inverser la tendance et d’endiguer la médiocrité.
    L’échec le plus évident de Jettou concerne la transparence, un thème qui lui est pourtant cher.

    L’indice de corruption, selon les ONG, a augmenté, l’économie de rente est florissante, le gouvernement se mettant au service d’intérêts très privés au nom d’une stratégie de développement dont personne ne connaît les contours ni les institutions chargées de la mettre en oeuvre.

    Le gouvernement Jettou a surtout brillé par son absence sur le terrain politique. La diplomatie est gérée ailleurs. En interne, le Premier Ministre n’a pas défendu le projet de loi électorale de sa majorité, une majorité mise à mal par les jugements pour corruption électorale.

    La cohésion a fait défaut tout au long de la législature vécue par les partis comme une énième transition.
    Et justement tout le monde attend les résultats des élections de 2007 et l’avènement d’un gouvernement politique promis par le Roi. La peur qui demeure est qu’un tel gouvernement perde en efficience économique et dilapide les rares, mais réelles, réalisations du gouvernement Jettou. L’homme lui, aura fait un parcours à son image, sérieux et appliqué. Seuls les rêveurs lui demanderaient plus.


    source : lobservateur
     

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