Un furoncle qui vous remue la peau

Discussion dans 'Santé & Beauté' créé par raja_casa, 26 Août 2008.

  1. raja_casa

    raja_casa دمعة و ابتسامة

    J'aime reçus:
    184
    Points:
    0
    Le Dr P. saisit la verge du vieux militaire et entreprit de l’examiner avec attention. Après quelques secondes, un fin sourire se dessina sur ses lèvres et il appela son assistante : "ils se sont trompés, à la clinique urologique de Rio. Pas étonnant que les antibiotiques n’y aient rien fait, non ?". La jeune femme se pencha à son tour et émit un curieux ricanement, sans doute impressionnée par ce qu’elle voyait : une lésion nodulaire de deux cm de diamètre cerclée d’une zone enflammée, un banal furoncle lui sembla –t-il. Le Dr P reprit "là, en plein milieu de la lésion, cette petite tâche noirâtre d’où sourd un peu de sérosité rosée. Cela ne vous dit rien ?" Il enchaîna rapidement, de peur de la vexer "Les myiases péniennes, mademoiselle, ne sont pas très fréquentes mais on doit toujours en considérer la possibilité, même chez les précaires sociaux comme c’est le cas ici. Nous allons guérir cet homme grâce à une légère pression à la base de la lésion qui va nous permettre d’extraire la larve, sous anesthésie locale".

    [​IMG]

    Eté oblige, on reparle des myiases et de leur incidence, en hausse semble t-il malgré un certain manque de données fiables. Le Lancet infectious Diseases de ce mois en fait un Clinical Picture, nous rappelant qu’elles sont le plus souvent dues aux larves de Cordylobia anthropophaga en Afrique sub-saharienne et de Dermatobius hominis en Amérique Centrale et du Sud. Les lésions furonculeuse qu’elles provoquent, volontiers multiples, donnent souvent au patient l’impression que quelque chose gigote dans la lésion, d’où ce "skin crawl" difficile à traduire. Le traitement en est habituellement mécanique, l’extraction de la larve suffisant à la guérison ; encore faut-il qu’elle soit correctement réalisée, au risque de provoquer une réaction d’hypersensibilité à des constituants antigéniques séquellaires. On peut s’aider, en particulier dans les formes américaines, d’un agent occlusif type gelée de pétrole ou paraffine qui attire la larve vers l’extérieur. En cas d’échec, une petite extraction chirurgicale s’imposera. Une couverture antibiotique n’est habituellement pas requise, sans doute de par l’activité bactériostatique des sécrétions gastriques larvaires.

    Vous consultera-t-on bientôt, au retour des vacances, pour un furoncle qui remue ? Si c’est le cas, peut-être vous souviendrez vous avec gratitude de ce résumé…


    Illustration : D.R Jack Breuil




    Dr Jack Breuil



    Passos MR et coll. : Penile myiasis as a differential diagnosis for genital ulcer : a case report. Braz J Infect Dis 2008; 12: 155-7
    Brent AJ et coll. : Souvenirs to make your skin crawl. Lancet Infectious Diseases, Clinical Picture, 2008; 8, 524
     
  2. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

    J'aime reçus:
    4181
    Points:
    113
    Merci, Raja-casa, un article intéressant.
    J'ai entendu dire que, parfois, cet inoffensif furoncle peut se transformer en Zona ou Herpès (les deux étant un virus)... maladie douloureuse et qui, après guérison, peut refaire surface si elle n'est pas bien soignée et en cas de faiblesse de défense du corps.
     

Partager cette page