Un jeune proche de l'extrême droite mis en examen pour une agression antimusulmane

Discussion dans 'Scooooop' créé par benguerir, 14 Août 2008.

  1. benguerir

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    Une famille "banale", des études réussies de plomberie mais un intérêt marqué pour les affaires militaires et une proximité revendiquée avec la "droite nationale" : un jeune homme de 18 ans, suspecté d'avoir participé à l'agression d'un musulman à Guyancourt (Yvelines), a été mis en examen et écroué, mardi 12 août, pour "violences volontaires" aggravées par le fait d'avoir été commises "en réunion" et "en raison de l'appartenance réelle ou supposée à une religion". Un second agresseur reste recherché par la police dans le cadre de l'information judiciaire ouverte par le parquet de Versailles.

    Kevin L., 18 ans, a été formellement reconnu par la victime, d'abord sur photo, puis lors d'une confrontation, comme l'un des deux hommes qui l'ont violemment agressé le 24 juillet à Guyancourt. Nouredine Rachedi rentrait à son domicile lorsqu'il avait été abordé par deux hommes dans un parc public (Le Monde du 8 août). Selon ses déclarations devant les policiers, ceux-ci lui auraient d'abord demandé des cigarettes, ce qu'il aurait refusé. Ils lui auraient ensuite demandé s'il était musulman et depuis combien de temps il vivait en France. Après l'avoir questionné sur la situation en ex-Yougoslavie, ils l'auraient roué de coups. M. Rachedi s'est vu reconnaître 21 jours d'incapacité totale de travail.

    Se sachant recherché par la police, Kevin L. s'était présenté volontairement au commissariat de Guyancourt dimanche 10 août. Placé en garde-à-vue, il a nié les faits, affirmant "de manière très calme" être "accusé à tort", selon le parquet de Versailles. Lors d'une perquisition à son domicile, les policiers ont retrouvé de la littérature d'extrême-droite ainsi qu'un nombre important d'ouvrages sur la seconde guerre mondiale et les nazis, ce que le jeune homme a justifié par sa passion pour l'histoire. Ils ont aussi saisi des affiches comportant des croix gammées et d'autres vantant la Wechmacht et les SS ainsi qu'une dague portant les aigles de l'armée allemande.


    "RENCONTRE FORTUITE"



    Selon le parquet, le jeune homme a expliqué qu'il s'agissait d'"un engagement du passé" qui remonterait à une ou deux années en arrière. Devant les enquêteurs, le jeune majeur s'est défendu de toute appartenance au mouvement néo-nazi mais a reconnu avoir "été séduit" par cette mouvance. Kevin L. avait déjà été interpellé, mineur, pour des violences similaires - faits pour lesquels il n'a pas encore été jugé. "Il se présente comme sympathisant de la droite nationale sans être adhérent à un parti politique", explique une source judiciaire. Aucun élément n'a été retrouvé, à son domicile ou dans son ordinateur, laissant supposer qu'il serait un militant actif d'un groupe constitué.

    Un second individu reste recherché par la police. Les enquêteurs privilégient l'hypothèse d'une "rencontre fortuite" entre les deux agresseurs et la victime. Selon les premiers éléments de l'enquête, le second agresseur ne figurerait pas dans l'entourage habituel de Kevin L. "L'hypothèse la plus probable est celle d'une agression non préméditée commise par deux personnes qui discutent, boivent un coup ensemble et se trouvent des points communs", note le parquet.

    Depuis la révélation de cette agression, le 7 août, aucune organisation antiraciste n'a apporté son soutien à la victime. Nouredine Rachedi n'a pas, non plus, reçu de messages d'hommes politiques, en dehors du maire PS de Guyancourt. Sur les sites Internet de la communauté musulmane, qui dressent un parallèle avec l'agression subie par le jeune Rudy H., le 21 juin, dans le 19e arrondissement de Paris, ce silence est interprété comme le signe d'une inégalité de traitement dans les affaires de racisme selon la religion des victimes.

    Luc Bronner


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