un journal Suisse fait un éclairage sur le Maroc

Discussion dans 'Nouvelles (9issass 9assira) & Chroniques' créé par topsecretmaroc, 5 Septembre 2007.

  1. topsecretmaroc

    topsecretmaroc Visiteur

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    Le Maroc, entre le roi et l'islam pluriel

    [​IMG][​IMG]Les Marocains élisent vendredi une nouvelle assemblée. Pour la première fois, un parti islamiste peut arriver en tête. Mais ce n'est pas le seul défi religieux à Mohammed VI.




    [​IMG]Alain Campiotti, Casablanca
    Mercredi 5 septembre 2007

    [​IMG]Le roi est gras. Il a de la boursouflure, un peu luisante, sur les joues et dans le cou. Ça se voit. Car comme toutes les monarchies modernes, le Maroc a ses gazettes dont la fonction est de montrer Mohammed VI - M6 quand on veut faire court - en action, dans ses palais, avec des ministres, ou ses enfants. L'embonpoint un peu malsain saute aux yeux. Et pourtant, personne n'en parle. Tabou. Comme si la graisse royale était invisible. Vous ne la voyez pas? La réponse à cette malice est toujours la même: le roi est un grand sportif, as du «jet-ski», et il soulève de la fonte tous les matins. Comment pourrait-il être mou?

    Ce mensonge révérencieux est une métaphore du Maroc politique qui va aux urnes vendredi, sans illusion. Quelle effervescence pourtant! Une trentaine de partis sont en compétition pour l'assemblée, de l'extrême gauche au plus rigide conservatisme religieux. Mais Ahmed Laamiri ne sait pas encore s'il choisira un bulletin blanc ou de ne pas voter du tout. «J'ai six enfants à la maison, dont des grands qui n'ont pas de travail. Rien ne va changer. Ils font des promesses tous les cinq ans, puis on n'en entend plus parler jusqu'à la fois suivante!» Pour que sa famille mange, ce quinquagénaire vend dans une rue piétonne du centre de Casablanca les journaux du soir. Les titres de cette presse assez libre parlent d'électeurs désabusés, d'un «système» auquel ils ne croient plus. Mais pas un mot sur le roi, qui détient pourtant un pouvoir exorbitant, et possède une bonne partie des terres et des richesses marocaines.

    Un seul a osé, et ça pourrait lui coûter jusqu'à cinq ans de prison. Ahmed Benchemsi dirige deux hebdomadaires jumeaux, Tel Quel en français, Nichane en arabe. Début août, il a écrit dans les deux langues un éditorial pour discuter le discours par lequel le roi venait d'ouvrir la campagne électorale en souhaitant un approfondissement de la démocratie. «Majesté, que dites-vous là?» demandait Benchemsi dans son titre. Comment le roi pouvait-il faire mine d'ignorer - lui aussi! - qu'au Maroc toute décision importante dépend du palais? Et que s'il veut développer la démocratie, il lui faut d'abord réduire son propre pouvoir? La police a débarqué au 28, avenue des Forces armées royales, le siège des hebdomadaires, au centre de Casablanca, pour saisir et détruire avant diffusion tout le double tirage. «Manquement au respect dû au roi», a dit le procureur. Le procès aura lieu à l'automne.

    Nabil Benabdallah, qui est ministre de la communication et porte-parole du gouvernement, a bien sûr participé à cette censure: «La liberté de la presse ne justifie pas l'insolence», dit-il. Ce moustachu grisonnant, qui roule au volant de son 4x4 de campagne vers le village de Sebbah, près de la ville de Temara où il est candidat, ne mesure pas la stupéfaction que font naître ses propos. Car il est communiste! Il est communiste et il défend le roi alaouite, commandeur des croyants, contre la parole libre! Mais après tout, c'est peut-être justement la place d'un communiste. Et le Parti marocain, sorti des persécutions, rebaptisé Parti du progrès et du socialisme, s'est adapté pour permettre à Nabil Benabdallah de goûter aux bienfaits du pouvoir à l'ombre de «Sa Majesté», comme il le répète. Pour l'heure, à son volant, le ministre tempête contre un de ses adversaires dont on voit l'immense portrait sur la façade d'une maison qu'il a fait construire: «C'est un ripou. Il vient de l'ancien régime. J'ai peur du rôle que l'argent sale va encore jouer dans les urnes. Ils achètent les voix!»

    L'ancien régime... C'était il y a juste une semaine à Rabat, dans un coin du cimetière muré des Martyrs. La foule qui se dispersait laissait apparaître une pauvre tombe fraîchement creusée: un tas de terre sur lequel étaient plantées deux branches, misérables. Driss Basri, l'ancien homme fort du Maroc, venait d'entrer dans sa dernière demeure, comme un réprouvé. Le roi n'avait envoyé personne. Un cousin endimanché, arrivé en retard, tournait autour de la tombe: «Je l'aimais bien.» Une dame, en s'éloignant, disait qu'«au fond il n'avait fait qu'obéir».

    Driss Basri est mort d'un cancer à Paris, où il vivait en exil depuis que Mohammed VI, à peine installé sur le trône en 1999, l'avait destitué. Cet ancien gardien de prison, devenu chef de la police politique puis ministre de l'Intérieur, avait été pendant vingt ans le servile exécutant des cruautés du roi, le père: révoltes et soulèvements matés, liquidations, tortures, chasse aux islamistes, il protégeait le palais.

    Quand M6 est monté sur le trône, plus maigre alors, se présentant comme «le roi des pauvres», il a fait de la chute de Basri le symbole du changement. Une Instance d'équité et de réconciliation a été créée pour permettre à ceux qui avaient été maltraités de se plaindre et de demander des comptes. Les partis politiques, qu'Hassan II tenait dans sa poigne, les créant et les écartant selon son bon vouloir, ont gagné un peu d'autonomie, et ils sont au gouvernement dans une touchante alliance, des ex-communistes donc, à l'Istiqlal, le vieux parti conservateur de l'indépendance. Des réformes ont été esquissées, lancées, parfois mises en œuvre. Le produit intérieur brut est encore insuffisant, mais il est monté l'an passé à 7% grâce à de bonnes pluies, et la croissance démographique se stabilise à un niveau presque européen.

    Puis le roi a pris du poids. Le règne des pauvres? C'est un souvenir. Mohammed VI n'a sacrifié aucun de ses palais, les fastes et les voyages de la cour sont ce qu'ils étaient sous le père. L'attachement des Marocains à la dynastie alaouite est cependant assez fort pour que l'image du roi ne souffre pas trop des promesses non tenues. «Un roi a droit à ces richesses, dit Younes Naoumi. On ne les conteste pas à un président, ni au directeur d'une grande entreprise. Alors, à notre commandeur des croyants...» Younes aurait pourtant des raisons d'être amer. Fils de cheminots, il vit toujours à Casablanca dans la rude cité des ouvriers du train. A la fin de ses études, il a eu de la peine à trouver un emploi. Et maintenant, il anime un groupe de volontaires dans son quartier pour inciter les Marocains de son âge à s'inscrire sur les listes électorales et à prendre leur vie en main. M6 ne peut qu'être reconnaissant.

    Pourtant, le Maroc gronde et craque. Le bilan que le gouvernement a fait dresser l'an passé d'un demi-siècle d'indépendance n'est pas une lecture rassurante. La pauvreté, l'analphabétisme n'ont pas suffisamment reculé. Le chiffre officiel du chômage fait rire les Marocains eux-mêmes. La corruption mesurée par Transparency International s'aggrave alors que Rabat prétend la combattre. Et dans ce royaume qui dit remonter jusqu'au divin, la contestation, de plus en plus, prend la couleur de l'islam, et dans une exubérance qu'on ne voit nulle part ailleurs.

    Sidi Moumen. C'est de là qu'est partie la pire violence. Casablanca compte des dizaines de bidonvilles, et c'est dans une cahute de celui-ci, loin dans le sud-est de la métropole portuaire, que les auteurs des attentats suicides du 16 mai 2003 avaient préparé les cinq raids simultanés qui ont tué quarante-cinq personnes dans la ville.

    Le chauffeur du petit taxi rouge s'arrête à l'entrée d'une ruelle. Pierres, torchis, tôles. Des vaches et des chevaux sont attachés au centre d'un terrain vague où une partie du quartier a été rasée. Un autre attentat, en mars dernier, a visé dans la même zone un café internet. Ces morceaux de non-ville sont parfois cachés derrière un mur, ailleurs ils sont incrustés dans des interstices urbains que les constructions nouvelles regagnent peu à peu. Rien n'indique l'insécurité. «Juste la difficulté de vivre, et la délinquance», dit Younes Naoumi.

    Une alarme rouge a été déclenchée cet été, dans un secret épais, après la visite au Maroc de tous les responsables de l'antiterrorisme américains. Deux journalistes de l'hebdomadaire Al Watan Al An ont été traînés en justice pour avoir révélé, avec la complicité d'officiers du renseignement, des plans de lutte contre les radicaux. Mais ici comme ailleurs, le djihadisme violent n'est pas une information tant qu'il n'a pas passé aux actes. Le terrain est fertile - ça, on le sait - pour le recrutement: d'Espagne en Scandinavie, d'Irak en Somalie, les volontaires marocains des cellules clandestines sont nombreux. Mais que vaut la prétention d'Al-Qaida d'avoir fait du Groupe salafiste pour la prédication et le combat, né en Afrique du Nord, sa filiale locale? Qui peut le dire? «Paradoxalement, pense le sociologue Mohamed Tozy, l'existence au Maroc de puissants courants islamistes, non violents, est notre rempart contre les groupes plus radicaux.»

    Abdesslam Yassine est la figure légendaire d'une de ces familles. En 1974, cet ancien inspecteur de l'enseignement membre d'une confrérie soufie avait envoyé à Hassan II une épître incendiaire, qui demeure son œuvre la plus célèbre: «L'islam ou le déluge». Il annonçait au «despote» sa fin prochaine, «sur un volcan prêt à faire irruption». Le palais avait mis Yassine dans un asile psychiatrique, puis en résidence surveillée jusqu'à la fin du siècle dernier. Le vieux guide n'apparaît plus guère; il s'exprime par la voix de sa fille Nadia (lire ci-contre). Mais le mouvement qu'il a fondé, Al-Adl wal-Ihsan, que les fidèles traduisent par Justice et spiritualité, les Européens par Justice et bienveillance, est sans doute le plus structuré du pays, vivant dans une semi-clandestinité et subissant régulièrement des vagues d'arrestations. Al-Adl travaille à la chute pacifique du régime tel qu'il est, et il appelle ses sympathisants à boycotter les élections.

    Le Parti de la justice et du développement a opté, lui, pour la lumière, et il espère recueillir les voix abandonnées par son concurrent sur la scène de l'islam politique: son symbole pour les illettrés est une lampe à huile, comme l'ampoule électrique était en Turquie celui de l'AKP, qui porte le même nom et lui ressemble.

    Le PJD occupe déjà 42 sièges sur 325 à l'Assemblée, et contrôle plusieurs grandes villes. A Temara, l'ancien communiste Nabil Benabdallah, qui tempête dans son 4x4 contre les mafieux, redoute en fait surtout la concurrence du maire de la ville, Moh Rejdalhi, le candidat du parti islamiste. «Regardez ce bidonville, s'exclame-t-il en faisant un grand geste par la portière. Ils n'ont rien fait. C'est vrai qu'en deux ans ce n'était pas facile», ajoute-t-il dans un sursaut d'honnêteté.

    Saad Eddine Al-Othmani, le secrétaire général du PJD, est un psychiatre à la barbe claire. Avenue d'Afghanistan, dans le quartier d'Ai Hassani à l'ouest de Casablanca, il court d'un immeuble à l'autre, dans des appartements où ses jeunes cadres ont organisé des réunions pour lui. Il a le verbe sec, une voix haut perchée pour exposer son programme de moralisation de la vie publique et politique.

    Le parti a été fondé en 1998, mais il a eu auparavant une longue histoire de fusions et de scissions dans lesquelles Hassan II a probablement parfois mis la main. Une de ses branches remonte à un groupe violent, la Jeunesse islamique (Chabiba islmiya), dont le fondateur s'est réfugié en Libye après un assassinat. «Dans les années 90, dit Ahmed Tozy, les chefs de ce courant islamiste se sont livrés à une profonde autocritique dont est issue leur actuelle position très modérée. Ils appelaient cela la «littérature de l'épreuve». C'était surtout une manière de tirer les leçons de l'annulation des élections en Algérie, en 1992, et de la terrible guerre civile qui a suivi.»

    Le PJD, désormais, est rallié à la monarchie et souhaite son évolution vers le renforcement du gouvernement. «Il est prêt à entrer dans le club», s'amuse Tozy. Dans les makhzen? C'est la «boutique» du pouvoir, ce mot arabe dont est issu le français magasin. C'est l'élite politique, économique, intellectuelle qui gravite autour du palais (dont les ministres font ou ne font pas partie) et dirige réellement le pays. Le makhzen est la cible permanente des critiques de l'opposition qui y voit l'origine de toutes les corruptions. «La légalisation du parti islamiste, ajoute Tozy, est le résultat d'une négociation. Il a dû donner des gages au palais. En particulier, il s'est engagé à prendre des distances d'avec Al-Tawhid wal-Islah, Unité et réforme, l'association islamique qui lui sert de vivier, beaucoup plus militant.»

    Cette modération négociée avait conduit le parti, en 2002, à ne présenter aux élections législatives qu'un nombre limité de candidats, pour ne pas effrayer, d'entrée de jeu, au-dehors et au-dedans. Cette fois, il est dans toutes les circonscriptions, à une exception près. Il y a deux ans, l'International Republican Institute (l'un des deux groupes publics et partisans que Washington alimente pour soutenir les mouvements démocratiques) avait organisé une enquête d'opinion qui a soulevé une tempête au Maroc: le PJD recueillait selon cette enquête la sympathie de la moitié des personnes interrogées. Les journaux avaient hurlé à la manipulation: les Etats-Unis, à l'évidence, jouaient la carte islamiste, soufflait les voix du pouvoir.

    Et il est vrai que l'ambassadeur américain à Rabat entretient des rapports courtois, sans ostracisme, avec le parti d'Al-Othmani. «Mais quand je le vois, dit le chef du PJD, je lui dis ce que je pense de la politique américaine dans nos régions, interventionniste et agressive. Tant qu'ils ne changeront pas, nous aurons un problème avec eux.» Le Marocain préférait peut-être Bill Clinton? «Ce n'était pas parfait, mais c'était moins mauvais.»

    Autour du roi, on ne goûte pas trop cette diplomatie parallèle. Désormais, l'ambassadeur, quand il veut des contacts non officiels, doit demander une autorisation.

    Le palais s'attend à la victoire du parti islamiste, mais le makhzen a pris ses précautions. Toutes les recettes de Hassan II pour contrôler le jeu politique n'ont pas été oubliées. Deux petites formations d'inspiration islamique ont surgi dans les pattes du PJD, avec un nouveau découpage électoral. «Le terrain est totalement balkanisé, dit Nouredine Ayouch, un connaisseur, proche du roi. Aucun parti n'obtiendra une majorité claire. Il faut, à ce stade, banaliser le parti islamiste. Il faudra aussi intégrer plus tard Justice et spiritualité.»

    Banaliser? Cette hypothèse fait sourire Saad Eddine Al-Othmani. «Ils agissent comme s'il fallait nous redresser, comme si nous avions un projet caché. Ceux qui parlent ainsi de nous sont souvent d'anciens marxistes, qui n'ont eux jamais fait leur examen de conscience.» Il ne nomme pas Nabil Benabdallah, mais c'est bien la position du ministre de la Communication. Le candidat de Temara dit qu'il ne participera pas à un gouvernement où figureraient des ministres islamistes. «Mais à mon avis, selon ce qu'on me souffle, cela n'arrivera pas...» Il y a d'ailleurs, au sein même du PJD, une tendance hostile à la participation au pouvoir, qui est emmenée par l'avocat Moustapha Ramid, défenseur habituel des djihadistes arrêtés.

    Dans des conditions nationales très différentes ressurgit pour les Européens, à l'autre extrémité de la Méditerranée, la problématique turque: quel accueil faire aux partis d'inspiration musulmane qui font le choix de l'ouverture. Pour le Maroc, l'exclusion du pouvoir du parti islamiste est un pari sans doute plus dangereux que son intégration: si la porte se ferme, les radicaux avanceront. Ils demanderont violemment que le roi perde du gras, lâche du pouvoir.




    [​IMG][​IMG][​IMG]La pasionaria des islamistes veut soumettre M6

    Nadia Yassine, la fille du guide du mouvement Justice et spiritualité, annonce une nouvelle constitution ou un soulèvement pacifique.

    Alain Campiotti, Salé
    La prison de Salé, avec son mur gris continu, est particulièrement sinistre. Pourquoi donne-t-elle ses rendez-vous devant cette porte noire? Pour mettre d'emblée son hôte dans le bain de la détestation qu'Al-Adl wal-Ihsan (Justice et spiritualité) voue à la dynastie alaouite, le père Hassan autant que le fils Mohammed? Mais non, dit-elle, c'est juste un problème pratique: sa maison est dans une petite rue à l'écart de la route principale, et le visiteur se perdrait. Nadia Yassine vit dans les nouveaux quartiers de la ville, loin de la vieille médina de Salé, ce concentré de vie misérable à cinq minutes de Rabat la riche et la toute blanche. Depuis que son père, Abdessalam Yassine, vit dans une semi-retraite, cette jolie jeune femme au foulard serré autour du visage est devenue au Maroc et dans le monde la voix du mouvement islamiste radical - mais elle n'aime pas ce mot: «Nous n'avons rien à voir avec ceux qu'on nomme les islamistes, avec les djihadistes. Ils vivent dans l'indigence culturelle et la haine de soi.» Elle ajoute, selon l'habitude idéologique locale, que les radicaux existent sans doute surtout comme justification de l'omniprésence américaine dans la région: «L'islam est juste un vernis.»

    Le Temps: Pourquoi refusez-vous de prendre part aux élections marocaines?

    Nadia Yassine: Parce que c'est une mascarade, une façade. Les Etats-Unis ont tellement besoin de croire qu'une démocratie fonctionne dans le monde arabo-musulman que cette apparence fait leur affaire, et l'Europe suit sans discuter.

    - Le Parti de la justice et du développement, qui a la même orientation que vous, accepte de participer...

    - Nous n'avons pas la même approche. Eux croient qu'il est possible de transformer un tel système de l'intérieur, en colmatant les brèches. Mais ce régime me fait penser à un bateau troué de toutes parts sur lequel on continue de faire la fête. Nous ne monterons pas sur un navire qui sombre.


    - Avez-vous une opposition de principe au recours électoral?

    - Pas du tout. Mais nous avons des priorités. Il faut d'abord que se réunisse au Maroc une grande conférence nationale, dans laquelle tous les partis, toutes les familles seraient représentés. Sa tâche sera de rédiger une constitution, non pas une constitution octroyée comme celle que nous subissons aujourd'hui, mais un texte auquel le roi devra se soumettre. Si le peuple veut que ses pouvoirs soient limités ou abolis, il devra s'incliner.

    - Vous avez vous-même des ennuis judiciaires, qui durent, pour une déclaration en faveur de la république...

    - C'était de la provocation. Je ne suis pas aveugle au point de ne pas voir que le peuple est attaché au roi. Aujourd'hui, même les gauchistes admettent l'institution du Commandeur des croyants!

    - Mais si votre conférence nationale ne se tient pas, et que le Maroc ne reçoit pas une nouvelle constitution?

    - Alors pourra se produire ce que mon père a appelé la qawma, par opposition au mot arabe thawra, qui désigne une révolution violente. Qawma vient du verbe qama, qui veut dire se lever. C'est un soulèvement pacifique, qui est possible au Maroc. Souvenez-vous: peu de temps avant la révolution islamique en Iran, personne ne croyait possible un tel événement.

    - Ce n'est pas banal d'entendre une femme s'exprimer au nom d'un mouvement qui se réclame d'un islam rigoureux...

    - Je ne suis pas un accident de l'histoire. Le monde est en train de changer. Il faut le libérer des jurisprudences obscurantistes et autoritaires qui soumettent les hommes aux tyrans et les femmes aux hommes. Et il faut libérer le Coran de fausses lectures qui ne datent pas du Prophète mais des dictateurs omeyyades.

    - Mais vous n'avez pas approuvé la réforme de la moudawana, le code de la famille adopté en 2004?

    - C'est faux! Nous avons condamné la loi parce qu'elle est inapplicable. Faire passer l'âge du mariage de 15 à 18 ans est une bonne chose. Mais sans mesure d'accompagnement, c'est une aberration. Pour la moitié des jeunes Marocaines à la campagne, le choix est entre le mariage, les ménages à la ville et la prostitution. L'Etat a fait le choix pour elles.


    [​IMG][​IMG][​IMG]En arabe dans le texte

    Alain Campiotti
    Peut-on insulter le roi du Maroc en arabe? Difficile à dire. En dialecte, par contre, les choses sont plus claires. La preuve vient d'en être faite dans l'affaire de la censure des hebdomadaires Tel Quel et Nichane, envoyés au pilon pour motif d'irrespect. L'indignation qui est tombée du palais sur Ahmed Benchemsi - et peut-être sa condamnation - n'a pas tellement été justifiée par ce qu'il a écrit (interpeller le roi sur son pouvoir et la démocratie) que par la langue dans laquelle il l'a fait: la darija, autrement dit le dialecte.

    La darija, c'est la langue qu'utilisent presque en permanence les Marocains. Langue vulgaire, ont décidé les censeurs. Langue plus familière, langue des échanges les plus vifs, c'est sûr. Et Benchemsi a mis sans doute un peu de malice à adopter cette posture du peuple défiant le roi, qui met maintenant M6 dans la position de celui qui méprise son peuple.

    L'incident marocain parlera à tous les Arabes, qui ont une vie linguistique difficile. Ils apprennent tous deux langues: le dialecte, à la maison, et le fusha, la langue commune issue de l'arabe classique, à l'école. Mais cette deuxième langue, la noble, ils ne la parlent jamais. Elle leur sert à lire les livres et les journaux, à écouter les nouvelles, à réciter le Coran peut-être. Pas à parler entre eux. Situation assez schizophrénique, remarque Benchemsi. Le roi ne lui a pas dit: «Ne me parlez pas comme ça», mais: «Ne me parlez pas dans votre langue.» Qui est aussi la sienne.


    letemps.ch
     
  2. Astalavista

    Astalavista Hasta La Vista Baby

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    Franchement merci pr cette article,il resume bien la situation que vit le maroc malheureusement
     
  3. Astalavista

    Astalavista Hasta La Vista Baby

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    Eh ben merci la censure,qd on dit la verité, on la classe ds la categorie de la poésie
    pffff du nimporte koi,serieux!!!!!!!!!!!!!!
     
  4. NoUnOuS

    NoUnOuS Prepare to Die x____x

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    la censure serait de le supprimer automatiquement, puisqu'il est du copier coller posté dans la categorie discussion generale ( cf Article 3.7 de la Charte )

    la censure serait de te coller un avertissement puisque tu es entrain de discuter les actions de l'administration en public .

    khallina zwinine :p
     
  5. kochlok03

    kochlok03 Visiteur

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    savez vous un truc : le probleme n'est dans le Roi comme titre mais le bleme est en nous si et seulement si notre luciditer a faire valoire nous droit dasn un etat d'esprit qui previligie l'interet general là selement là on va parler de besoin de pouvoir là je sius desolé mais un systeme actuel et l'erreur de nous tous de notre individualiseme et manque claire politique...
    si pose ts sur un titre alors a quoi serre les ministre et les parlementaire qui ne sont que nous

    pensée a bien avant de voire les titres de ceux qui ne son pas "musulman" et agir ne vient pas par les mots parce que nos hommes et politicien parle comme vous amis n'agissent pas ...
    a la fin on trouve et ignore que c'est nous la population qui ne veut pas se développer par elle même...

    que dire... rien du faite que vous etes rien ...

    NB : je ne suis ni Royaliste ni autre juste j'observe votre système de réflection déjà nazzzzzz {désolé du mot}


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    edite : toutes chose est discutable mais surtout faites attention au idées trop belle : )
     

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