Un Marocain sur trois est hypertendu

Discussion dans 'Santé & Beauté' créé par imadici, 6 Février 2007.

  1. imadici

    imadici Pr. Ìpşø Fąċŧǿ...

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    Le Maroc adopte le mode de vie occidental, et les maladies cardio- vasculaires qui vont avec.

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    Habituellement, les maladies cardio-vasculaires sont un problème de pays riches. C'est en train de changer. Et pas dans le bon sens : si les maladies cardio-vasculaires sont toujours la première cause de décès dans les pays développés, le Maroc vient de rejoindre ce cercle de moins en moins restreint. Le docteur Ahmed Bennis, cardiologue au CHU Ibn Rochd de Casablanca, tenait mercredi soir une conférence de presse pour lancer un message d'alerte : "Les accidents cardio-vasculaires tuent plus que les accidents de la route et les cancers réunis, c'est la première cause de décès au Maroc". Une situation d'autant plus difficile à accepter qu'il s'agit avant tout d'un problème de mode de vie, donc qu'il n'y a pas de fatalité. En effet, les maladies cardio-vasculaires dépendent principalement de quatre facteurs de risque : le tabac, l'hypertension artérielle, le cholestérol, le diabète. Quatre facteurs de plus en plus présents dans la vie quotidienne des Marocains. Reste à savoir pourquoi.

    Fort d'une étude réalisée en 2000 par le ministère de la Santé sur un échantillon représentatif de 1802 personnes, le docteur Bennis cite bien sûr en premier lieu la restauration rapide, trop riche en graisses, qui s'est trop bien implantée dans les moeurs nationales. Sans surprise, le problème est plutôt urbain, puisque le cholestérol, bon indicateur de la teneur en matière grasse de l'alimentation, et lui-même facteur de risque cardio-vasculaire, est un problème pour 37% de la population urbaine, contre 29% de la population rurale. Ces chiffres révèlent que les Marocains mangent de plus en plus gras, et font parallèlement à cela moins d'exercice.

    L'obésité reflète évidemment ces tendances. Les statistiques en la matière sont sans équivoque : "Les Marocains sont plus petits et plus gros au fil des ans", explique le médecin. Ainsi, l'enquête révèle une différence notable des chiffres de l'obésité en fonction du lieu de vie et du sexe : l'obésité touche 17,8% des urbains contre 9% des ruraux, et 19,1% des femmes contre seulement 7,3% des hommes. Mais les hommes "se rattrapent" en matière de facteurs de risque cardio-vasculaire par la cigarette : si 31,5% des hommes fument, les femmes avouant (ou osant avouer) fumer ne représenteraient que 0,6% de la population.

    Le diabète, qui traduit, lui, un excès chronique de sucre dans le sang, et va souvent de pair avec l'obésité, connaît actuellement une explosion mondiale, et le Maroc n'est pas épargné. 6,6% des Marocains souffrent de diabète, là où pour un pays en voie de développement les chiffres sont traditionnellement plus faibles. Excès de sucre, et donc effort physique insuffisant, par conséquent. Le diabète est le syndrome affectant les populations urbaines, au mode de vie sédentaire : si le diabète touche 4% des ruraux, ce sont 9% des urbains qui en sont malades.

    Tous les facteurs de risque cardio-vasculaires étant signalés à la hausse, il n'est pas étonnant que le chiffre des Marocains affectés par l'hypertension artérielle atteigne des sommets. La pression artérielle correspond à la force exercée par le sang contre les parois des artères, pression que les dépôts graisseux accentuent, d'où le risque d'accident artériel. L'hypertension artérielle touche 30% des hommes et 37% des femmes. Soit une moyenne d'un Marocain sur trois. Et au-delà de 55 ans, c'est la moitié de la population quist touchée. "Mais le plus grave, poursuit le docteur Bennis, c'est qu'environ 50% des malades ne soupçonnent pas leur situation, qui ne se manifeste que plus tard, 50% des patients diagnostiqués ne sont même pas traités, faute de couverture médicale, et 50% des patients traités ne sont pas suivis.

    " La légèreté dont font preuve nombre de malades est à souligner également : "Si 75% des gens qui font un accident cardiaque sont des fumeurs, 30% continuent à fumer après cet accident", explique, indigné, le cardiologue. La première des solutions est bien sûr de s'aménager un mode de vie le moins délétère possible : ne pas fumer, faire du sport, manger équilibré, c'est-à-dire avec parcimonie sur les graisses et les sucres, voire échapper à la pollution des grandes villes en vivant en milieu rural. À défaut, l'aspirine est recommandée à petite dose quotidienne pour diminuer la pression artérielle. Des recommandations coûteuses ? Pas si sûr : le coût de la prise en charge des maladies cardio-vasculaires est d'autant plus lourd que ces traitements sont à vie, puisqu'on ne guérit pas des dommages causés à son pancréas, à son coeur, voire à son cerveau.


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