Un premier test pour El Himma

Discussion dans 'Info du bled' créé par HANDALA, 6 Novembre 2007.

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    Un premier test pour El Himma ​



    Abdelkarim Chankou - La crise diplomatique qui a éclaté entre Rabat et Madrid au sujet de la première visite, lundi, du roi Juan Carlos d'Espagne aux enclaves de Ceuta et Melilla, s'annonce comme le premier test sérieux pour Fouad Ali Himma.


    Celui-ci, désormais chef de la commission parlementaire des affaires étrangères, islamiques et de la défense nationale, sera le cheville ouvrière des débats et du communiqué final du Parlement qui se réunira dans l'après-midi du même jour que celui de la visite controversée du roi des Ibères.

    La crise diplomatique qui a éclaté entre Rabat et Madrid au sujet de la première visite, demain lundi, du roi Juan Carlos d'Espagne aux enclaves de Ceuta et Melilla, s'annonce comme le premier test sérieux pour Fouad Ali Himma. Celui-ci, désormais chef de la commission parlementaire des affaires étrangères, islamiques et de la défense nationale, sera le cheville ouvrière des débats et du communiqué final du Parlement qui se réunira dans l'après-midi du même jour que celui de la visite controversée du roi des Ibères.

    L'ex-ministre délégué à l'intérieur, démissionnaire le 7 août dernier et député de Rhamna depuis le 7 septembre et dont le groupe parlementaire compte désormais une vingtaine de députés après que plusieurs députés indépendants ou non ont rejoint ses rangs initialement forts seulement de trois députés dont lui-même, a déjà annoncé la couleur dès le début la fin de la semaine en lançant une mise en garde en règle à Madrid au sujet d'une visite qui heurte la sensibilité du peuple marocain.

    Cette mise en garde de Fouad Ali Himma a autant de l'ampleur qu'elle coïncide avec le rappel par Mohammad VI en personne de l'ambassadeur du Maroc à Madrid, Omar Azziman, pour consultations. C'est dire que la crise est profonde entre les deux royaumes voisins.

    Selon les observateurs et les médias marocains, cet incident diplomatique survient après une série d'évènements annonciateurs dont la décision de la ville de Madrid de démolir des maisons d'immigrés marocains et la signature entre Rabat et Paris d'une rafale de contrats pour 3 milliards d'euros dans le cadre de la première visite d'Etat au Maroc du président français Nicolas Sarkozy, du 22 eu 24 octobre dernier.

    Sans oublier le lancement par le juge Baltasar Garzon d'un mandat d'arrêt international contre 11 responsables marocains actuels et anciens de la sécurité. D'autres évoquent l'approche du 32ème anniversaire de la Marche verte célébrée chaque année le 6 novembre.

    Mais sans exclure aucune des ces causes, la véritable raison qui aurait poussé le premier ministre socialiste José Luis Zapater (jusqu'à alors soucieux des intérêts du Maroc) à autoriser cette visite de Juan Carlos à Ceuta et Melilla serait une phrase que contient la déclaration de politique générale du nouveau premier ministre marocain l'Istiqlalien Abbas El Fassi qui en a donné lecture publique devant les députés à la fin du mois dernier.


    Cette phrase dit que la parachèvement de l' « intégrité territoriale est la priorité des priorités » du gouvernement de Abbas El Fassi dont le parti s'est toujours présenté comme le champion de la lutte contre le colonialisme sous toutes ses formes. Une constante somme toute banale puisque non seulement elle est la trame de tous les discours du parti de l'Istiqlal mais également de l'ensemble, à quelques rares exception* près, des autres partis en scène.

    Alors où est le problème ? Le problème est que Madrid penserait que depuis que Rabat a proposé un plan d'autonomie élargie pour ses provinces du Sud, le dossier du Sahara serait entré dans une phase de froideur voire de banalité ; à savoir qu'il ne mobiliserait plus les foules comme il le faisait avant l'annonce de cette proposition suivie des négociations directes entre Rabat et le Polisario sous l'égide de l'ONU.

    Donc un risque que le gouvernement El Fassi, confronté à une conjoncture économique et sociale très défavorable (hausse des cours mondiaux du blé, du lait et du pétrole en plus de la sécheresse) pourrait être tenté de surfer sur la question de la récupération des deux enclaves méditerranéennes. Ce qui pourrait déclencher in fine des insurrections des populations musulmanes de ces deux présides. Une perspective inquiétante pour Madrid d'autant que les discours diffusés récemment par le numéro 2 de Al Qaïda, Ayman Zawahri, appellent carrément à la libération de l'Andalousie. Alors Ceuta et Melilla…

    (*) Le parti de Ennahj Addimaqrati (parti de la Voie démocratique) de Abdellah El Harif qui ne participe pas eux élections.


    Abdelkarim Chankou
    Lundi 05 Novembre 2007
    emarrakech​
     

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