Un site archéologique sur le tracé de l’autoroute

Discussion dans 'Info du bled' créé par Casawia, 28 Août 2005.

  1. Casawia

    Casawia A & S Forever

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    · Près de Ksar Sghir, d’importants vestiges des époques phénicienne et romaine


    · C’est ADM qui finance les fouilles



    Découvert lors des travaux de terrassement de la future autoroute d’Oued Rmel, le site de Dhar Dasekfane recèle de vraies richesses archéologiques. Sur une superficie d’environ un hectare, le site se trouve à quelques centaines de mètres du noyau urbain de Ksar Sghir, sur le flanc gauche de oued Ksar Sghir. Cette disposition est très typique des sites puniques et rappelle celle de Cotta, à côté de Cap Spartel et de Lixus, près de Larache. Techniquement, ce n’est pas une découverte à proprement parler, car le site figure déjà sur les textes d’un chercheur espagnol qui avait porté mention de son existence, sans pour autant pousser ses recherches. Le site, qui se trouve en plein sur le tracé de l’autoroute de Oued Rmel, fait actuellement l’objet de fouilles de sauvetage. “Il s’agit de fouiller, de documenter et de donner un rapport au ministère de la Culture”, note le responsable du site, Aziz Khyari. Ce sera alors au gouvernement de trancher. La bataille risque d’être rude entre le ministère de l’Equipement, qui veut finir les travaux de l’un des ouvrages autoroutiers les plus complexes, et le département de la Culture, qui a de plus en plus de mal à protéger le patrimoine.
    A noter que c’est Autoroutes du Maroc, dans ce qui semble être une première, qui a pris en charge les frais de ces fouilles. Reste à savoir si à la suite de cette découverte, le tracé de l’autoroute pourra être revu et rectifié. Le site est un vrai millefeuille archéologique. Sur sa première tranche, il porte les traces de la civilisation musulmane médiévale; sur les suivantes, on trouve des traces de l’époque romaine et phénicienne. C’est l’époque romaine qui est la plus visible, car elle place le site de Dhar Dasekfane dans l’ère industrielle. En effet, plusieurs cuves de salaison et de traitement de poisson ont été trouvées sur le site. Le poisson était éviscéré et lavé, avant d’être salé et séché. Mis dans des amphores, il était «exporté» vers Rome. Les viscères de poisson étaient macérés dans des cuves et prenaient le même chemin vers les tables romaines pour être servis comme condiments de choix. Des thermes romaines typiques ont été découvertes. Si elles manquent de bibliothèque et de salle de sport, comme sa grande consoeur de Volubilis, elles comptent trois salles à température différente. La plus chaude était chauffée par un système ingénieux à courants d’air sous le plafond, une invention romaine. L’époque phénicienne est très peu répertoriée. Les chercheurs qui ont démarré leur travail le 4 août, n’ont pas encore trouvé des indices déterminants de l’activité à cette époque.
    Sur le site, sept chercheurs de l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine, épaulés par près d’une centaine d’ouvriers, travaillent d’arrache-pied pour collecter le maximum d’informations. Non loin de là, les bulldozers du chantier, implacables, continuent leur travail.

    Ali ABJIOU
    L'Economiste
     

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