Une localité touristique perle du Moyen Atlas : Bekria vaut assurément le détour

Discussion dans 'Info du bled' créé par Info du bled, 17 Août 2009.

  1. Info du bled

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    Le si beau site de Bekria se présente au visiteur comme étant un havre de paix où il fait bon vivre en écotouriste plongé au cœur de la moyenne montagne du Moyen-Atlas, connue pour ses richesses paysagères, et hydrologiques dont les sources (telle que Aghbalou Abarchane qui alimente Oued Guigou qui longe la RN 13 en question à partir du col de Khnigue à la sortie de Timahdite vers Errachidia) et les rivières et surtout pour sa biodiversité et sa richesse en flore et faune.
    A mi-chemin avant d'arriver au chef- lieu du site, modestement équipé d'une école, d’un dispensaire et d'un souk hebdomadaire, la belle vallée d'Amengouss vous accueille et vous berce le long du cours d'eau d'Oued Amengouss qui coule au pied des falaises communément appelées Kobbates avec des sculptures sous forme de portes avec des arcs.
    Pêche sportive
    Dans cette vallée, les mordus de la pêche sportive de la truite du Moyen-Atlas peuvent s'adonner à cœur joie à la pratique de leur sport favori. De même les alpinistes peuvent faire quelques cordées et des descentes de rappel en guise d'entraînement en escaladant des falaises qui leur sont offertes par la vallée d'Amengouss. Plus loin, au bout des falaises, un vaste périmètre agricole parsemé de peupliers et de constructions rurales simples et accueillantes vous invite à vivre pleinement un si beau séjour en paysan loin des tracas du quotidien moderne des villes. Ici, au chef-lieu de Bekria où on ne vit que d'une agriculture vivrière et surtout de l'élevage de la race Timahdite des ovins, la promotion de ce nouveau créneau touristique qu'est le tourisme rural serait le bienvenu pour contribuer au développement local de Bekria. En quittant ce haut lieu du tourisme rural encore ignoré de l'industrie touristique, et tout en empruntant la piste vers le sud, on arrive à Tamchachate : ce petit village traversé par oued Tamchachate qui lui donne le nom et qui offre la possibilité d'un bivouac en camping sauvage aux bords du cours d'eau parsemés de saule-pleureur et gazonnés ne serait-ce que pour un week-end pour pêcher la truite et découvrir la région. Pas plus loin d'ici, un cadre féerique et sublime attire notre attention et c'est bel et bien les chutes d'eau des deux cours qui ont pour nom : Senoual et Tamchachate qui s'offrent à nous et nous invitent à découvrir oued Fellat qui prend source au pied des deux cascades pour constituer l'un des principaux affluents du fleuve d'Oum Rabii après avoir traversé ce canyon bordé de falaises.
    A part les falaises et les cascades que nos écotouristes et touristes de montagne peuvent découvrir dans la région de Bekria, cette dernière est dotée d'une mine de sel inexploitée, d'une carrière de fossiles et du plus haut sommet du Moyen-Atlas central qui offre plusieurs pentes pour la pratique du ski hors piste pour les adeptes de cette discipline sportive d'hiver et qui peut être exploitée pour permettre la promotion de ces nouveaux créneaux de développement touristique, à savoir l'écotourisme, le tourisme rural, le tourisme vert, le tourisme de montagne et le tourisme de nature.
    Une confusion
    De nos jours, une certaine confusion règne entre écotourisme, tourisme durable, tourisme nature, tourisme rural, et tourisme vert, d'où la nécessité de faire le point d'abord sur le contenu, les critères, les domaines d'application des concepts et de les concrétiser en termes de produits et de projets. Considéré comme une facette du tourisme durable, l'écotourisme est né en Amérique du Nord au milieu des années 80 suite au développement du tourisme naturaliste dans des endroits des plus reculés et des plus fragiles de notre planète. Les associations environnementales, les ONG et l'industrie touristique ont alors voulu lancer un mouvement de prise de conscience pour limiter l'impact des visiteurs sur les milieux naturels et les communautés qui y résident et s'assurer que les devises engendrées par les flux venaient bien soutenir les actions de protection des sites et des cultures locales. Selon «The Ecotourism Society, USA», l'écotourisme est un tourisme dans les espaces peu perturbés par l'homme qui doit contribuer à la protection de la nature et au bien-être des populations locales. L'écotourisme donc est basé sur l'observation de la nature. Les offres de produits sont essentiellement localisées dans l'hémisphère sud, dans les pays à forte diversité biologique, offrant une nature préservée, des parcs nationaux, des réserves pavées et des communautés locales conservant leurs activités traditionnelles. Les marchés émetteurs sont l'Amérique du Nord et plus récemment l'Europe. D'après une publication de l'Association guadeloupéenne d'écotourisme, ce créneau est d'abord et avant tout une démarche de développement qui implique des formes de partenariat nouvelles entre tour-opérateurs, agences réceptives, communautés locales, gestionnaires d'espaces protégés, associations environnementales et communautés scientifiques. Tous ces partenaires s'engagent, dans le cadre d'une charte, à minimiser leur incidence sur les milieux visités, à informer les voyageurs des règles et coutumes locales, participer à tout programme local de protection des espèces et de leurs habitats et donner les moyens aux communautés locales qui le souhaitent de maîtriser toute forme d'accueil et d'accompagnement. Le tourisme durable, quant à lui, est une démarche plus récente puisqu'elle est un prolongement du concept de développement durable qui a vu le jour à la conférence de Rio en 1992. Elle est née également des préoccupations liées à l'avenir des espaces fragiles sur la planète, en particulier des forêts tropicales.
    Observation de la nature
    La composante environnement est très forte. Elle vise l'ensemble de l'industrie touristique, elle traite aussi des espaces naturels que des régions rurales ou urbaines, elle intègre la notion de patrimoine culturel et architectural et préconise une modification des comportements à partir du domicile, et non pas seulement dans les pays visités. La problématique est plus large que celle de l'écotourisme. D'après la Fédération des PNR de France (charte du tourisme durable) : «On entend par développement touristique durable, toute forme de développement, aménagement ou activité touristique qui respecte et préserve à long terme les ressources naturelles, culturelles et sociales et contribue de manière positive et équitable au développement économique et à l'épanouissement des individus qui vivent, travaillent ou séjournent sur ces espaces». Pour sa part, l'OMT a retenu trois types de critères pour caractériser le développement touristique durable : les ressources environnementales doivent être protégées. Les communautés locales sont les bénéficiaires de ce type de tourisme en termes de revenus économiques et de qualité de vie. Les visiteurs reçoivent une expérience de qualité. L'Europe se sent plus à l'aise dans cette terminologie de tourisme durable qui tient compte de ses contraintes spécifiques : espace rural anthropisé, aires protégées sur-fréquentées, faible diversité biologique, pourtour méditerranéen urbanisé, concentration urbaine dans les cités, pollution et dégradation des sites naturels utilisés pour les loisirs, gestion des friches agricoles, pression de la chasse. En Europe, les préoccupations ne sont pas de développer un tourisme élitiste pour naturalistes de haut niveau mais plutôt de sensibiliser l'industrie touristique dans son ensemble et lui faire adopter des pratiques environnementales. La démarche d'écotourisme s'emboîte donc bien dans celle du tourisme durable comme une poupée russe, dit-on. Bien qu'elle soit plus ancienne, elle est une des multiples facettes de la philosophie du tourisme durable. Selon la même source d'inspiration, le tourisme rural est le noyau qui va permettre la rencontre entre écotourisme et tourisme durable surtout en Europe, puisqu'il est organisé dans des espaces peu perturbés et habités par des communautés traditionnelles. Il se caractérise par une démarche volontariste (basée sur la volonté de s'éloigner du mode de vie urbain, au moins temporairement). Dans l'espace géographique du monde rural, cette démarche s'accompagne d'une faible transformation des sites. Ce type de tourisme comprend trois catégories d'activités : Les activités sportives de nature, de découverte du milieu, de repas et de changement de cadre de vie qui privilégient une nature intacte et qui peuvent être pratiquées sans transformation du milieu.
    Enfin, le tourisme vert est une appellation plus large que celle de tourisme rural qui s'appuie sur des séjours en milieu rural et intègre cette notion de tourisme doux, responsable et soucieux des sites et des cultures locales. D'une manière générale, il y a dans le monde de nos jours, un grand pas à franchir et une prise de conscience à acquérir sur les concepts de l'écotourisme. La notion de durabilité sur le plan environnemental et social n'est pas encore bien intégrée. Or, il existe déjà dans les pays modernes une clientèle écotouristique qui dicte le concept. Pour l’intéresser nous devons tous être en adéquation avec ses attentes et non pas essayer lui proposer ce que nous croyons, par erreur, être de l'écotourisme. Le message est simple : «Les considérations écologiques donnent la direction de notre business. Les deux marchés les plus importants aujourd'hui sont le tourisme et l'environnement. Il ne peut pas y avoir de système économique solide s'il n'y a pas de système écologique solide. Nous avons le concept de la pérennité de l'environnement. En dehors du soleil et de la plage, il faut offrir un caractère unique de ressources intactes. Il nous faut une totale conviction dans ce que l'on fait, et aussi pour convaincre le client et les partenaires. Nous devons nous orienter différemment, car nous voulons préserver notre environnement à tous». Ceci dit, il nous importe de signaler que l'agriculture vivrière et l'élevage qui font vivre de nos jours les paysans autochtones de la région de Bekria peuvent contribuer d'une manière efficace aussi bien à la promotion de ces différents créneaux touristiques qu'au développement socio-économique de toute la région à travers les produits de consommation et les activités de loisir et de villégiature qu'ils peuvent offrir si toutefois ces deux secteurs de connaissent eux aussi une certaine mise à niveau susceptible d'accompagner le développement touristique sollicité pour cette région montagneuse jusqu'ici ignorée même par les siens. Dans ce sens, nous osons espérer que le projet de mise en valeur en bour de Bekria-Selouane initié par la DPA d'Ifrane puisse voir le jour bientôt. A rappeler tout simplement que la zone concernée par ce projet est située à cheval sur deux communes rurales : Sidi El Makhfi et Souk El Had. Elle est limitée au nord par la forêt Al Kobbate, au sud par la forêt Essa, à l'ouest par les collectifs des tribus Ait M'hamed ou Lahcen et Aït Ouahi et à l'est par la province de Khénifra. Ethniquement, la population ayant droit de jouissance dans la zone de Békria-Selouane est composée des fractions d'Aït Ali ou Lahcen et Aït Othman ou Lahcen de la tribu d'Aït M'hamed ou Lahcen de Sidi El Makhfi et des fractions d'Aït Haddou ou Ali et Lamrabtine de la tribu d'Aït Merouael relevant de la commune d'Oued Ifrane.
    Rendements agricoles faibles
    La superficie de la zone du projet en question est de 14.500 hectares dont le statut foncier des terres se présente comme suit : 4300 ha Melk, 8500 ha du collectif et 1700 de la DPE. Quant à l'occupation de la superficie agricole utile (SAU) qui est de 3000 hectares, elle est répartie comme suit selon les spéculations: Les céréales 1180 ha dont 300 irrigués, les fourrages 400 ha dont 200 irrigués, les légumineuses alimentaires 40 ha dont 20 irrigués, les maréchages 180 ha irrigués et la jachère 1200 ha en bour. Les rendements agricoles dans la région restent encore très faibles et méritent d'être améliorés dans le cadre de ce projet tant attendu. Quant à la production agricole enregistrée selon la campagne agricole 97/98, elle se présente comme ci-après résumée : 8860 qx de céréales dont 5500 qx de blé dur et 2700 qx d'orge,1100 qx de fourrage (avoine), 200 qx de légumineuses alimentaires (pois chiche) et 18000 qx de maraîchage (pomme de terre). D'autre part, il est à relever que le secteur de l'élevage constitue l'activité principale des usagers du périmètre de Bekria. Les ovins restent dominants avec 87 % de l'effectif total exploité et qui s'élève à 58000 têtes ovines, 7500 têtes caprines,1200 têtes bovines et 3300 têtes d'équidés.
    La race dite Timahdite de renommée nationale et internationale reste la seule race exploitée dans la région et dont la conduite est de type extensif se basant sur les parcours.
    Les parcours exploités par la population de Békria correspondent aux pâturages des tribus des Ait M'hamed ou Lahcen et Aït Merouel. La superficie totale des parcours collectifs est de 8499,50 hectares répartie en 8222 ha de pâturages d'Aït M'hamed ou Lahcen et 277,50 ha de ceux de la tribu d'Aït Merouel.
    Quant à la superficie totale des parcours forestiers exploités, elle est de 10.237 hectares. Pour ce qui est de la production animale annuelle au niveau de la région de Bekria, elle est estimée à 3598 qx de viande d'ovins, 516 qx de viande bovine et 268 qx de viande caprine. Quant à la production de la laine, elle s'élève à 385,50 qx par an. La commercialisation des ovins se fait tout au long de l'année selon les besoins de l'éleveur et elle atteint son maximun aux mois de juillet-août, la laine est vendue à 90% après tonte qui a lieu en mai. Le lait dont la production est estimée à quelque 2410 kg, est consommé localement à 100%.








    Source : libe.ma
     

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