Une rentrée en trois temps… le crédit

Discussion dans 'Info du bled' créé par Le_Dictateur, 31 Août 2007.

  1. Le_Dictateur

    Le_Dictateur Visiteur

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    Il y a quelques mois, on assistait, dans la plupart des ménages marocains, à un dilemme cornélien quant aux vacances d'été : faire un voyage pour changer d'air ou rester à la maison, le cas échéant, on se contentera de la plage d'à côté. Cependant, comme toute famille, basée sur le m'as-tu-vu, qui se respecte, on regarde ce que feront les cousins, les voisins ou les amis.

    Ainsi, étant donné que X (ou flan) voyage dans tel endroit et que Y (flana) a choisi cette destination, pourquoi pas nous ? Évidemment, le problème financier pointe son nez : ce mois-ci nous n'avons pas assez de moyens pour nous payer les voyages qu'autrui fait. Mais un homo œconomicus aurait pris des vacances suivant ses capacités… Or, cela n'est pas le cas en l'espèce !
    Pour faire comme les autres, le marché économique a inventé une chose très intéressante nommée endettement. Une manière de payer ses vacances pendant deux ans, ce qui revient en gros à passer 48 mois à payer un mois.

    On rassemble à la va-vite les documents nécessaires pour l'octroi du crédit. Une fois celui-ci attribué, on est content car on peut enfin retrouver notre voisin de toute l'année… même les mois d'été.
    Certes, les jours passent vite, surtout quand il s'agit des périodes de vacances qui se déroulent bien, où l'on ne sent pas le temps s'écouler.
    Nous approchons du début septembre, ceci rime avec la fin des vacances et surtout avec la rentrée scolaire.

    Mais, bien sûr nous avons oublié une chose : il faut les fournitures scolaires ! Que faire si l'argent «qu'on a mis de côté» a été dépensé pendant les vacances? Ce n'est plus un problème : le Maroc a connu une floraison des établissements de crédits à la consommation, où les taux d'intérêts sont à deux chiffres. Ainsi, on peut faire appel à l'organisme concurrent.

    Un autre crédit de 24 mois pour financer la rentrée scolaire, en attendant celui de l'année prochaine.
    Pas de chance ces derniers temps, un troisième événement entre en jeu, on l'aura deviné: c'est le mois de Ramadan ! Que faire puisque les vacances d'une part et la rentrée scolaire de l'autre nous ont vidé le portefeuille ? On racle le fond des tiroirs ? Rien ! Dans ce cas, comme on dit, jamais deux sans trois, un troisième crédit serait le bienvenu. Les démarches, on en a l'habitude, mais faudrait chercher l'organisme puisqu'on a fait un peu le tour.

    Le mois de Ramadan est un mois sacré, et les tables du ftour sont identiques partout. Alors, on doit bien financer la harira, les dattes les choubakias et aussi les ch'hiwates ramadanesques… il faut penser aux feuilles de pâtes, à la farine, au lait qui se consomme beaucoup plus durant cette période…

    On y avait pas pensé en juin et puis, en août, la rentrée scolaire… cela nous avait échappé. Comment gérer ces trois crédits ? Tout simplement en répartissant le salaire de manière à payer les traites et fort probablement en demandant un autre crédit pour pouvoir subvenir aux besoins essentiels et aussi aux dépenses mensuelles (loyer, électricité, téléphone, frais de scolarité…). Voilà comment on se rappelle de ses vacances d'été pas pour les bons moments passés, mais pour le temps qu'on met à rembourser
    ses dettes.


    •Journaliste stagiaire
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    Célébrer la rentrée scolaire
    A cette période de l'année, on peut constater un changement dans les librairies, les rayons, qui proposaient des romans, des livres pour le tourisme, pour la cuisine etc., ont été transformés en «stand» pour accueillir les écoliers.
    Cependant la tâche est facilitée. Plus besoin de chercher soi-même les bouquins.

    On présente la liste pré-établie par l'établissement scolaire au libraire, il s'en occupe.
    On repassera plus tard à la caisse pour régler la note et récupérer les fournitures.

    Il n'y a qu'à faire un tour aussi dans les grandes surfaces, tout a été aménagé de façon à «célébrer» l'événement de la rentrée scolaire.

    Meriem Lahssen* | LE MATIN
     

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