Villes nouvelles : où en est-on 10 ans après la stratégie nationale

Discussion dans 'Info du bled' créé par Med Omar, 4 Mars 2014.

  1. Med Omar

    Med Omar MoUl DéTaILS-GaRoU PiPaS Membre du personnel

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    Villes nouvelles : où en est-on 10 ans après la stratégie nationale

    Une dizaine de noyaux urbains a émergé avec des modèles de développement différents. Certaines villes sont à un stade avancé, d’autres sont en cours d’étude ou rencontrent des difficultés. Tamesna, Zenata, Ville Verte Mohammed VI, Tagadirt... Tour d’horizon des plus grands projets actuels.
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    Près d’un an après la mise en œuvre du plan de relance de la ville nouvelle de Tamesna, l’heure est au bilan. Le ministère de l’habitat et l’aménageur public Al Omrane devraient faire le point dans les prochains jours sur l’avancement des chantiers d’infrastructures lancés en mars dernier pour combler les déficits de la ville satellite de Rabat. Dans la foulée, la tutelle devrait lever le voile sur son plan pour remettre en selle la ville de Tamansourt, en périphérie de Marrakech, où le manque d’équipements reste aussi patent. Mais traiter le cas de ces deux agglomérations, qui sont certes les plus en vue, ne met pas la lumière sur toute la stratégie nationale en matière de villes nouvelles. Définie depuis plus de 10 ans, cette feuille de route avait en effet identifié une quinzaine de nouveaux ensembles urbains potentiels, dans la périphérie de grandes agglomérations. Depuis, plusieurs noyaux ont émergé selon des modèles de développement bien différents.
    Pour récapituler, l’on distingue d’abord les ensembles développés sous la houlette d’Al Omrane, à savoir Tamesna, Tamansourt, Sahel Lkhyayta (Casablanca) et Chrafate (Tanger) qui sont à des phases d’aménagement et de développement plus ou moins avancées. Vient ensuite la ville nouvelle de Zenata (Casablanca), en cours d’aménagement par la CDG. L’OCP a, elle, pris à sa charge la ville verte Mohammed VI qui est en train de sortir de terre près de Benguérir, ainsi que le pôle urbain de Mazagan à la périphérie d’El Jadida, actuellement en phase d’étude. Cette liste de nouveaux noyaux devrait s’étoffer à l’avenir des villes nouvelles de Tagadirt (Agadir) et d’un nouveau centre aux abords du parc industriel Atlantic Free Zone à Kénitra.
    Tour d’horizon et état d’avancement de tous ces nouveaux centres urbains.

    Tamesna : les promoteurs se font attendre
    Côté préparation du terrain, la ville nouvelle de Tamesna est allée très vite. Lancée début 2007, ses 840 hectares sont aujourd’hui complètement aménagés avec un investissement de 610 MDH pour une enveloppe prévisionnelle de
    1 milliard de DH. Seulement, la production de logements ne semble pas avoir suivi la même cadence. Un total de 2 935 habitats ont été réalisés à ce jour et 2 419 sont en cours de réalisation. En comptabilisant les projets qui sont actuellement dans les tuyaux de l’administration pour décrocher les autorisations nécessaires, on en arrive tout juste à un total de 10 000 unités pour la ville nouvelle. Quand on sait que Tamesna est destinée à accueillir à terme 55000 logements, le rythme de développement paraît lent. La ville nouvelle a-t-elle donc du mal à séduire les promoteurs ? On pourrait lier cela au déficit d’équipement, fréquemment reproché au nouveau noyau, qui dissuaderait les potentiels acquéreurs. A ce titre, la ville n’a attiré jusqu’à présent que 35 000 habitants contre un objectif à terme de 250 000. C’est dire les attentes autour du plan de relance mis en œuvre par le ministère de l’habitat, il y a un peu moins d’un an, pour étoffer les équipements de la ville. En tout cas, ce plan semble porter ses fruits puisqu’il a permis le lancement ces derniers mois des travaux d’une dizaine d’équipements dont un centre de protection civile et 7 établissements scolaires ou encore un club sportif.

    Tamansourt : les équipements de santé, talon d’Achille
    Avec des promoteurs immobiliers qui ont carburé ces derniers mois, l’offre de logements à Tamansourt a réalisé un bond significatif. Ainsi, la doyenne des villes nouvelles, lancée fin 2004, abrite actuellement près de 21300 logements (dont 4600 en cours de réalisation) sur un total prévu à terme de 90000. Il faut dire que la première tranche du nouveau noyau urbain porte sur une superficie conséquente de 1200 ha sur un total de 1 931 ha. Cette première phase est aujourd’hui quasiment aménagée à 100% tandis que les études pour la surface restante ont été lancées il y a quelques mois déjà. Dans la lignée du développement immobilier au sein de la ville nouvelle, ce sont plus de 53 000 habitants qui se sont installés au niveau de Tamansourt et 10000 autres s’ajouteront en 2014, alors qu’on en était encore à 51 000 à fin 2012, sachant que la population prévue à terme est de 450 000 habitants. Mais tout comme à Tamesna, quelques déficits perdurent en matière d’équipement, notamment de santé. La ville semble en revanche bien s’en tirer pour ce qui est de générer progressivement de l’activité économique à travers notamment une offre de lots équipés. A l’ordre du jour également, la future mise en place d’une zone dédiée à l’offshoring.
    Chrafate : les travaux entravés par les habitants des douars

    Le développement de la ville nouvelle de Chrafate, à 18 km de Tanger, est mis à mal par 150 ménages habitant des douars. «Ceux-ci entravent les travaux», se plaint-t-on auprès d’Al Omrane Chrafate. De fait, la ville lancée depuis déjà 2009 avance jusqu’à présent lentement. Le nouveau noyau urbain a été aménagé sur une première tranche de 130 ha, sachant que l’agglomération s’étendra en tout sur une surface de 770 ha. Une deuxième tranche de 105 ha est également aménagée à 30% et une troisième tranche de 37 ha a été lancée dernièrement. Une enveloppe de 503 MDH a été mobilisée à cet effet sur un total prévisionnel de 2,3 milliards de DH. La construction de logements ne va pas plus vite. Un total de 6 000 logements est en cours de réalisation par Dyar Al Mansour tandis qu’aucun habitat n’a été achevé jusqu’à présent. Ceci sachant que la ville nouvelle doit accueillir à terme 30 000 logements et 150 000 habitants dont aucun ne s’est évidemment installé jusqu’à présent. En raison de cela d’ailleurs, on temporise pour l’instant s’agissant de l’élaboration des équipements : tout juste
    2 infrastructures sont en cours de réalisation sur plus de 80 prévus.

    Lakhyayta : l’aménagement tourne au ralenti
    Lancée depuis déjà 6 ans, la ville nouvelle de Lakhyayta en est encore aux travaux d’aménagement de son premier pôle. Bien qu’elle ne représente que 635 ha sur une surface totale de 1 800 ha pour toute la ville, cette première phase accueille plusieurs composantes. Sur le volet résidentiel, Al Omrane y développe une opération de 400 logements sociaux. Une surface de 15 ha est réservée à la construction de 350 villas à moitié finies. Toujours au sein du premier pôle, une zone de 170 ha est réservée aux activités industrielles et de services. Cette combinaison entre zones d’activités et résidentielle est motivé par l’objectif de la ville nouvelle d’amener 70% des personnes qui y travaillent à y habiter. Tout cela étant dit, il faut préciser que la programmation et le phasage de la zone d’activités sont toujours en cours d’étude. Idem pour les équipements de la ville qui font toujours l’objet d’études. La ville nouvelle de Lakhyayta devrait abriter à terme 60000 logements et une population de l’ordre de 300 000 habitants.


    Zenata : priorité aux équipements
    Pour éviter de se retrouver empêtrée dans des problématiques de déficit d’équipements, la société d’aménagement de Zenata, filiale de CDG, s’est assuré de bien baliser le terrain avant de se lancer. Alors que le projet de pôle urbain de 1 830 hectares (déjà entièrement acquis) entre Casablanca et Mohammédia en est encore aux premiers travaux d’aménagement, et que les contours de l’offre résidentielle n’ont pas été dévoilés dans le détail, des conventions ont été signées avec les ministères concernés pour la création des pôles santé et éducation. De même, des études ont déjà été menées en amont pour bien cerner les contours d’un pôle commercial et d’une nouvelle zone industrielle qui seront logés dans le futur noyau urbain. Le tout devrait être livré à l’horizon 2030 avec une population à terme de
    300 000 habitants.

    Puma et Ville Verte Mohammed VI : des centres urbains d’avenir
    L’OCP chapeaute actuellement deux projets de villes nouvelles. Le premier est le pôle urbain de Mazagan (Puma) situé entre Azemmour et El Jadida. Ce futur centre de 1 300 ha sera doté d’équipements touristiques, culturels et d’habitats ainsi que d’une zone d’innovation et de recherche. L’OCP en est actuellement à la phase d’acquisition et de transfert du foncier. Les différentes études de tout le projet devraient être ficelées cette année. Puma permettra d’accueillir 130 000 habitants à l’horizon 2030 avec un développement sur trois tranches qui mobilisera 5 milliards de DH. Le second projet porte quant à lui sur la Ville Verte Mohammed VI. Edifiée sur 1000 ha, celle-ci est conçue d’abord comme une ville universitaire dont les premières composantes sont actuellement en phase d’aménagement et de construction. D’autres éléments s’adosseront progressivement au tout dont un programme résidentiel, divers équipements commerciaux, de services, de loisirs et d’animation. Le développement de cette ville nouvelle devrait s’étaler sur 25 ans, permettant d’accueillir à terme plus de 100000 habitants.

    Tagadirt et Kénitra : les prochaines sur la liste
    Parallèlement aux plans de relance de Tamansourt et Tamesna, le ministère de l’habitat s’attelle à mettre sur les rails d’autres villes nouvelles. Deux projets sont en première ligne pour devenir réalité prochainement. Il s’agit de Tagadirt dans la région d’Agadir et du nouveau pôle près de la zone franche de Kénitra, Atlantic Free Zone. «Pour l’heure, ces deux futures villes en sont encore aux premières phases d’étude, pendant lesquelles l’on détermine l’opportunité de leur création et où l’on réfléchit à leur vocation en concertation avec plusieurs parties», explique-t-on auprès du ministère. En attendant, la réserve foncière des deux futurs pôles est déjà mobilisée. A plus long terme, la tutelle devrait sortir de ses cartons un autre projet de ville nouvelle, celle de Laroui (Nador) nReda Harmak
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  2. Med Omar

    Med Omar MoUl DéTaILS-GaRoU PiPaS Membre du personnel

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    Villes nouvelles: le casse-tête des douars

    C’est un autre problème qui vient mettre les bâtons dans les roues pour les villes nouvelles.
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    Outre les frictions avec les autorités locales ou les retards de réalisation des équipements publics, les nouveaux noyaux urbains sont actuellement confrontés aux résistances de douars préexistants à leur développement. Il en est ainsi de la ville nouvelle de Tamansourt, à la périphérie de Marrakech, où l’aménagement de la première tranche est bloqué à 95% depuis fin 2010. La superficie restant à aménager et portant tout de même sur 60 hectares n’a pu être développée jusqu’à présent du fait des douars Al Harmel et Aït Ali. Il en est de même pour la ville nouvelle de Chrafate près de Tanger, où les habitants des douars entravent les travaux de construction et d’aménagement.

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  3. Mysa

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    Je ne connais pas les autres nouvelles villes mais seule Tamesna vu la proximité, je trouve que ça se pourrait qu'elle devienne une belle ville dans 10 ans. Reste qu'il lui manque un grand trait attractif qui est le travail. Les gens ont besoins de ressources financières pour subsister, ils cherchent un endroit où il peuvent vivre et travailler.
    Dans tous les cas, dans une décennie tout serait différent !
     
  4. RedEye

    RedEye - أبو عبدالرحمن - Membre du personnel

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    mais pourquoi ces gens de douars font face à ces villes?? quelle est la raison ??
     
  5. popo40

    popo40 Accro

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    ils sont sur leurs terres, celles de leurs ancêtres et parents, iwa nejriw 3lihom bach nssekno laji2ines, aw neriw 3la lma3ti bach nssekno yaniss...?
     

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