Violence à l’école: L’enquête choc de l’Unicef

Discussion dans 'Info du bled' créé par pouet, 17 Mai 2006.

  1. pouet

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    · «Falaka» et même décharge électrique, des actes barbares qui ont la peau dure

    · Pis encore: la violence, «normale» pour la moitié des élèves et des parents

    · Pourtant, le Maroc a ratifié la Convention internationale des droits de l’enfant


    L’école marocaine a mal. Mal de sa situation, de la dégradation de son niveau, de la démotivation de ses professeurs et de… sa violence. Non pas entre enfants, mais celle perpétrée par les professeurs à leur encontre. Une enquête, réalisée par l’Unicef, pour le compte du ministère de l’Education, révèle des phénomènes troublants dans les établissements scolaires sondés. Troublants d’abord parce qu’au XXIe siècle, l’on croyait ces pratiques dépassées, de plus en plus rares et surtout sévèrement sanctionnées. Troublants aussi parce que le Maroc a ratifié la Convention internationale des droits de l’enfant qui bannit la violence à son égard. Troublants enfin par l’acceptation de cette violence par les élèves.
    Les résultats de l’enquête bouleversent certaines de nos convictions. «La falaka, la tiyara, les coups administrés avec les règles en fer sont toujours en vigueur», indique le rapport. Certains entretiens ont même révélé l’existence de sévices corporels comme les décharges électriques. «Certains enfants interrogés ont répondu à la surprise des enquêteurs en expliquant qu’il existait un appareil à cet usage dans le bureau du directeur».
    Les chiffres sont inquiétants: 87% des enfants disent avoir déjà eux-mêmes été frappés, 60% avec des règles, bâtons ou tuyaux. Les enseignants ne le récusent pas. 73% d’entre eux avouent l’avoir fait et heureusement le regrettent pour la plupart. A noter que les filles sont un peu moins violentées que les garçons: 84% contre 90%.
    Par ordre d’importance, ce sont les violences physiques qui arrivent en tête des violences signalées par les enfants. La brutalité psychologique vient après, suivie de la notion d’injustice et d’éveil de sentiment de haine.
    «Le plus impressionnant phénomène constaté est la perception des enfants de cette violence. Pour eux, elle est normale», explique un enquêteur. «Frapper les enfants c’est… indispensable pour les éduquer, disent d’un même c½ur parents et enfants qui privilégient le plus cet item: 52% des parents, 50% des enfants», note le rapport. Les parents ne peuvent qu’approuver puisque 61% d’entre eux disent frapper leurs enfants, qui avec les mains ou les pieds (37%), qui avec une ceinture, un bâton, un tuyau (22%).
    Le document d’une cinquantaine de pages constate aussi que «43,6% des enfants estiment que les frapper est un moyen indispensable pour dominer la classe». La violence à la maison se prolonge donc jusqu’en classe.
    «La violence physique dans les lieux d’enseignement est culturelle. Dans les mosquées, les imams chargés de l’enseignement coranique pratiquaient la falaka», explique un sociologue. Mais cela ne légitime pas les actes des professeurs.
    Les enseignants ne perçoivent pas la violence de la même façon. Les violences à l’école, constatées, sont diverses: violences entre élèves, destruction du matériel, punitions physiques ou morales, violences entre enseignants, directeur et parents. Selon les résultats de l’enquête, les enseignants donnent surtout des gifles et des coups, puis agressent verbalement.
    La violence est une forme de sanction qui paraît «normale» là aussi. Les motifs qui poussent à punir les élèves sont évoqués par les enseignants dans cet ordre: indiscipline, dispute entre élèves, devoirs non faits, classes surchargées, élèves qui écrivent sur les murs et les tables, élèves paresseux et manquant de motivation. Viennent ensuite les vols des affaires scolaires entre élèves, programmes chargés et soupçons de rapports sexuels aux toilettes. «Les causes de ces pratiques trouvent d’abord leur fondement dans l’aspect culturel de cette notion, mais ce n’est pas tout», relève un psychologue. Les mauvaises conditions de travail et matérielles du corps enseignant y sont pour beaucoup. «Les mauvaises conditions entraînent des états dépressifs et donc des laisser-aller à la violence», confie un professeur.
    Dans les entretiens réalisés, le harcèlement sexuel a été évoqué. L’école n’échappe pas au phénomène de la pédophilie comme l’attestent les affaires qui éclatent au grand jour. Les enfants en parlent, mais très timidement. Le document de l’Unicef reste d’ailleurs très prudent sur la question: «Le fait en lui-même est indéniable. Cependant sa fréquence doit être considérée avec prudence. La question portant sur le viol a été bien traduite.
    Mais la traduction en arabe classique a pu être mal comprise par les enfants». Les rédacteurs du rapport ajoutent qu’»il y a peu de chances que les enquêteurs aient osé expliquer aux enfants en classe ce que signifiait le mot en arabe dialectal, ce mot étant totalement tabou». La question portant sur les attouchements a été traduite d’une façon ambiguë, est-il précisé, et «dans une culture où l’on ne fuit pas le contact, la question a pu être mal interprétée».
    Le système éducatif marocain peut-il continuer à tolérer ces pratiques? En théorie, la réponse ne laisse la place à aucune nuance, mais la pratique est toute autre. Si l’enquête donne des données chiffrées sur la violence dans les écoles, elle ne fait qu’illustrer un phénomène connu au sein de la société marocaine. Maintenant, comment le combattre?

    www.leconomiste.com

     
  2. A_mir

    A_mir les causes perdues...

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    Re : Violence à l’école: L’enquête choc de l’Unicef

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  3. tiger-web

    tiger-web Visiteur

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    Re : Violence à l’école: L’enquête choc de l’Unicef

    pour une bonne éducation il est necessaire de punir, moralement ET phisiquement

    Prenez l'exemple des enfants occidentaux, chez eux lever le ton sur leur parent c'est normal. En plus, mes marocain sont très turbulant, donc c'est la seul solution. mais n'empèche, il ne faut pas fraper violement...
     

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