Violences à Melilia: Le Maroc donne sa part de vérite

Discussion dans 'Info du bled' créé par Casawia, 24 Octobre 2005.

  1. Casawia

    Casawia A & S Forever

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    Il y a quelques semaines, des milliers de Subsahariens prenaient d’assaut les barbelés séparant le Maroc de l’enclave espagnole de Mélilia. Une attaque qui a été repoussée de part et d’autre par les forces espagnoles et chérifiennes. Des images choquantes avaient fait le tour du monde. Face à cela, le Maroc n’a pas tardé à réagir et a donné à la presse sub-saharienne sa version des faits. Le royaume chérifien a aussi situé les responsabilités de l’immigration clandestine et interpellé l’Algérie voisine, où passent facilement, disent-ils, les immigrés, l’Europe, qui se barricade et l’Afrique, qui a besoin d’un Plan Marshall pour se développer.

    Les autorités marocaines ont livré leur part de vérité dans l’affaire des émigrés rapatriés suite à une grande offensive contre les clôtures des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilia. Des journalistes venus du Sénégal, du Mali, de la Guinée, de la Côte d’Ivoire, du Congo, du Niger, du Burkina, de la Gambie, du Bénin, etc., ont, pendant plusieurs jours, écouté la version des officiels du royaume chérifien qui, apparemment, est loin d’être satisfait du traitement de cette affaire par les médias occidentaux. Lors d’un repas de rupture du jeûne offert aux journalistes Subsahariens, les ministres de l’Intérieur, Moustapha Sahel, de la Communication, Nabil Ben Abdallah et le ministre délégué aux Affaires étrangères et à la Coopération, Taïb Fassifihiri, ont, pendant plusieurs heures, dénoncé le traitement de l’information par les Occidentaux avec des images choquantes qui ont fait le tour du monde.

    « Les images étaient européennes »

    Ces médiats ont fait état d’immigrés maltraités et abandonnés dans le désert, mais, selon M. Saleh, « il n’y a eu aucune violence, sauf lors des incidents » de Melilia. Malheureusement, a-t-il ajouté, « les images étaient européennes, pour l’essentiel. Il est facile de sa barricader et de culpabiliser le Maroc », dit-il en indexant les Européens. Le ministre de l’Intérieur ajoutera que « le seul cas de violence, c’est lorsque plusieurs centaines de personnes ont essayé de pénétrer à Mélilia par la force. Nous le regrettons beaucoup, ce sont nos frères qui sont morts ». Il s’y ajoute qu’il n’y avait pas suffisamment de forces de l’ordre pour contenir tout ce monde, a-t-il avancé. Le Vieux Continent a aussi sa part de responsabilité, estime-t-on. « Nous avons une Europe qui s’érige en forteresse, qui est égoïste et qui souhaite externaliser le problème de l’immigration », a poursuivi M. Saleh.

    Taïb Fassihifiri a lancé une invite : « nous devons arrêter d’être de simples consommateurs d’images. Je n’ai vu aucune télévision européenne lorsqu’il s’était agi de l’assistance apportée par le Maroc à ces centaines d’immigrés. Il y a une concentration sur les aspects les plus négatifs ». « Aucune Ong européenne ne leur a rendu visite. Ces images grossies à l’envi dénotent que l’Europe cherche à se justifier et à pratiquer l’humanitaire chez l’autre », a déclaré M. Sahel.

    Hormis l’Europe, le Maroc a dénoncé l’Algérie, qui, ont dit les officiels, ne fait rien pour la surveillance de sa frontière avec le Maroc et les réseaux de passeurs.

    Appel lancé à l’Algérie


    Cependant, M. Fassihifiri a précisé : « nous n’avons pas pointé l’Algérie, mais nous avons constaté que 95 % du flux rentre au Maroc par son territoire. C’est un flux avec des itinéraires connus depuis longtemps. Nous avons relevé, malheureusement, que des flux croissants pénètrent au Maroc à partir de l’Algérie. L’Algérie peut faire davantage et mieux assurer sa part de responsabilité. Nous appelons l’Algérie à lutter contre ces réseaux qui prospèrent et qui trompent la candeur de ces jeunes ».

    Pour ce qui est des rapatriements des candidats à l’immigration, tout s’est fait « dans le respect de la dignité et en relation avec les Etats. Leurs ambassadeurs ont veillé sur les conditions », a rassuré le ministre de l’Intérieur. Quid des relations du Maroc avec ces pays ? « Nous n’avons aucun problème avec les gouvernements des pays frères », a soutenu M. Fassihifiri.

    Le seul problème du Maroc dans cette affaire, c’est d’avoir été une terre de transit pour les immigrés, déclarent presque tous les officiels marocains. Selon leurs déclarations, les Subsahariens ne viennent pas au pays de Sa Majesté pour s’installer mais pour se rendre en Europe. Et ils ajouteront que les jeunes Marocains sont tout aussi victimes de l’immigration clandestine et des réseaux. Les autorités marocaines ont invité l’Europe à faire face à ses responsabilités en prenant à bras le corps le problème de l’immigration, mais surtout en venant en aide à l’Afrique grâce à un Plan Marshall.

    L’Europe interpellée

    « La réponse sécuritaire est vaine, seul un développement économique est à même de résoudre la problématique de l’émigration avec un Plan Marshall », a-t-il pensé. Et M. Fassifihiri d’ajouter : « nous ne sommes pas les gendarmes de l’Europe ». Le ministre de l’Intérieur a fait savoir que l’Espagne est partante pour un Plan Marshall pour l’Afrique, qui sera proposé au sommet de l’Union européenne en novembre prochain. C’est un devoir de solidarité de l’Europe vis-à-vis de l’Afrique, a-t-il estimé.

    MALICK CISS
    Source: Le Soleil (Sénégal)

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    Article proposé par aghilasse
     

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