Vitesse, sécurité... les points-clés autour de l'accident de train en Espagne

Discussion dans 'Info du monde' créé par dul2, 26 Juillet 2013.

  1. dul2

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    L'Espagne a connu mercredi 24 juillet l'un des pires accidents ferroviaires de son histoire, sur la ligne Ourense – Saint-Jacques de Compostelle, l'une des plus récentes lignes du réseau ferré espagnol, inaugurée en décembre 2011. Retour sur les principales questions que soulève cette catastrophe qui a fait 80 morts.
    • La vitesse excessive à l'origine de l'accident
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    Le train Alvia – le modèle de train capable de circuler à la fois sur les lignes à grande vitesse et sur les voies conventionnelles – a quitté les rails à l'entrée de Saint-Jacques de Compostelle, dans un virage qu'il a abordé, après une longue ligne droite de 80 kilomètres, à une vitesse excessive, ont confirmé les enquêteurs, sans donner de vitesse précise. Le conducteur du train, encore à l'hôpital, a été placé en détention.
    Selon l'enregistrement audio d'un des conducteurs du train rapporté par El Pais, le train allait à 190 km/h, sur un tronçon où la limite est normalement de 80 km/h. Ce virage était réputé périlleux – lors de l'inauguration du tronçon, le 10 décembre 2011, le TGV avait fait des embardées sur ce même virage, et des passagers avaient raconté avoir perdu l'équilibre.


    Si la vitesse avait déjà été pointée du doigt par le secrétaire d'Etat aux transports, Rafael Catala – qui a parlé d'une "infraction" –, l'enquête deva maintenant déterminer pourquoi le train n'a pas respecté cette limitation : problème technique ou erreur humaine.
    • La sécurité du réseau et du train est-elle en cause ?
    La compagnie ferroviaire publique Renfe a écarté l'hypothèse d'une défaillance de matériel : "Le train n'a eu aucun problème opérationnel, il avait passé une révision le matin même", a assuré le président de Renfe, Julio Gómez-Pomar Rodríguez, insistant : "Le dossier d'entretien et de contrôle du train était parfait".
    Le lieu de l'accident, 4 kilomètres avant l'entrée en gare de Saint-Jacques de Compostelle, correspond au changement de types de voies sur le tronçon Ourense-Saint-Jacques de Compostelle. Juste avant l'entrée dans l'agglomération de Saint-Jacques, la ligne à grande vitesse s'arrête et les trains retrouvent les anciennes voies à "écartement ibérique" converties.
    Sur sa page de présentation de la ligne Ourense - Saint-Jacques, le gestionnaire du réseau ferré espagnol, l'ADIF, explique qu'en attendant de prolonger la ligne à grande vitesse jusqu'à La Corogne, au nord de La Galice, il a été choisi, pour ces derniers kilomètres avant Saint-Jacques de Compostelle, de convertir le tronçon d'anciennes voies pour permettre à plusieurs types de trains de circuler. Cette solution "a permis de faire des économies conséquentes dans les investissements et les coûts de maintenance", explique l'ADIF.
    • N'y a-t-il pas un système de sécurité qui oblige les trains allant trop vite à freiner ?
    Théoriquement, si. Les lignes ferrovaires espagnoles sont équipées de deux systèmes différents de contrôle. D'une part, le système ERTMS (Système européen de surveillance du trafic ferroviaire), déployé depuis les années 1990 sur les lignes à grande vitesse des pays européens, qui permet non seulement d'alerter le conducteur s'il roule trop vite, mais également de bloquer le train s'il ne diminue pas sa vitesse.
    D'autre part, le système de sécurité espagnol ASFA (Anuncio de señales y frenado automatico), qui calcule la vitesse de train, mais s'appuie sur des paramètres moins précis qu'ERTMS, et ne peut faire freiner un train qu'à partir de 200 km/h.
    Or, le lieu de l'accident n'est pas équipé avec le système ERTMS (malgré les passages fréquents de TGV sur cette voie) mais du système ASFA, a dénoncé le principal syndicat des conducteurs de trains espagnol (Semaf), selon lequel l'accident aurait peut-être pu être évité si le train avait été bloqué par l'ERTMS. Le gestionnaire de réseau se défend quant à lui dans El Pais, estimant que pour une entrée d'agglomération, le système ASFA était suffisant.
    • Pourquoi l'accident a-t-il fait autant de victimes ?
    Selon le dernier bilan officiel, 80 personnes ont été tuées et 142 blessées, sur 222 personnes (218 passagers et 4 employés). Ce bilan particulièrement lourd semble directement lié à la vitesse du train, dont certains wagons ont fait plusieurs tonneaux lors de l'accident, selon des témoignages de passagers cités par les médias espagnols.
    La violence du choc est également manifeste dans ces image captées par une caméra de vidéo-surveillance :
    • Y a-t-il souvent des accidents de train en Espagne ?
    L'Espagne a connu plusieurs graves accidents de train ayant fait des dizaines de morts : en 1972, dans la périphérie de Séville (86 morts), en 1977 entre Cadiz et Séville (77 morts), sur la ligne Madrid-Valence en 1980 (27 morts), ou plus récemment à Chinchilla (19 morts). Mais dans la quasi-totalité des cas, les accidents mortels qu'a connu le pays étaient liés à des collisions entre trains, ou, plus fréquemment, à la collision de véhicules avec un train à un passage à niveau. L'accident qui s'est produit mercredi est par ailleurs le premier survenu sur un train à grande vitesse.http://www.lemonde.fr/europe/articl...s-clef-autour-de-l-accident_3453482_3214.html
     
  2. dul2

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    Espagne : un des conducteurs du train entendu par la police

    L'un des conducteurs du train espagnol qui a déraillé près de Saint-Jacques-de-Compostelle, Francisco Jose Garzon, 52 ans, a été placé jeudi 25 juillet sous surveillance policière à l'hôpital, où il doit être entendu par la police.

    Le conducteur, légèrement blessé, "doit être entendu par la police à l'hôpital où il a été placé sous surveillance", a indiqué un communiqué du tribunal supérieur de justice de Galice, le juge chargé de l'enquête n'ayant à ce stade ordonné "aucune interpellation". "Le juge a demandé à la police de prendre sa déclaration", a déclaré la porte-parole du tribunal de cette région du nord-ouest de l'Espagne où s'est produite la catastrophe ferroviaire, la pire en près de 70 ans dans le pays. Le conducteur "sera assisté d'un avocat" pendant cet interrogatoire, puis il devra témoigner devant le juge.
    Cet interrogatoire, initialement prévu jeudi, n'avait pas eu lieu en fin de journée, selon une source policière, et pourrait finalement être reporté à vendredi.

    LE CONDUCTEUR SE SERAIT VANTÉ D'ATTEINDRE 200 KM/H
    Selon l'enregistrement audio de la locomotive diffusé par El Pais, le train allait à 190 km/h, sur un tronçon où la limite est normalement de 80 km/h. Ce virage était réputé périlleux – lors de l'inauguration du tronçon, le 10 décembre 2011, le TGV avait fait des embardées sur ce même virage, et des passagers avaient raconté avoir perdu l'équilibre. Les enquêteurs ont confirmé que la piste privilégiée pour comprendre l'accident, qui a coûté la vie à 80 personnes, était une vitesse excessive. Le secrétaire d'État aux transports, Rafael Catala, a toutefois prévenu qu'il fallait "encore attendre les résultats de l'enquête judiciaire et de celle menée par la commission d'enquête du ministère" avant de tirer des conclusions.
    Francisco Jose Garzon avait 30 ans d'expérience professionnelle à la Renfe, la compagnie publique des chemins de fer espagnols. Selon El Pais, le conducteur se serait vanté, il y a quelques mois sur Facebook, d'avoir atteint la vitesse de 200 km/h sur ce même tronçon où s'est produit l'accident.
    La presse espagnole rapporte en outre des témoignages selon lesquels le conducteur interpellé, qui a aidé à porter secours aux victimes, aurait crié au téléphone après l'accident : "J'ai déraillé, qu'est-ce que je fais ?"
    Selon El País, l'autre conducteur, qui est hospitalisé, est resté bloqué dans sa cabine et a informé par radio que le train avait abordé la courbe à 190 km/h. "Nous ne sommes que des hommes ! Nous ne sommes que des hommes !", aurait-il ajouté, avant de poursuivre : "J'espère qu'il n'y a pas de morts, car sinon je les aurai sur la conscience..."
    LE ROI AU CHEVET DES BLESSÉS
    Le roi Juan Carlos et la reine Sofia se sont, pour leur part, rendus au chevet de blessés soignés dans un hôpital de Saint-Jacques-de-Compostelle. Mariano Rajoy, lui-même né à Saint-Jacques-de-Compostelle, s'est rendu sur les lieux de l'accident et dans le principal hôpital de la ville, avant de tenir une réunion d'urgence avec les autorités locales. "Face à une tragédie comme celle qui s'est produite à Saint-Jacques-de-Compostelle, la veille du grand jour, je ne peux qu'exprimer ma plus grande sympathie en tant qu'Espagnol et Galicien", a-t-il déclaré dans un communiqué.http://www.lemonde.fr/europe/articl...du-train-place-en-detention_3453872_3214.html
     
  3. dul2

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    Espagne : le conducteur du train présenté dimanche au juge

    Le conducteur du train dont le déraillement mercredi à Saint-Jacques de Compostelle, dans le nord de l'Espagne, a fait 78 morts, doit être présenté dimanche 28 juillet à un juge, accusé d'"homicide par imprudence". Légèrement blessé dans l'accident, Francisco José Garzon Amo, âgé de 52 ans, est sorti de l'hôpital pour être transféré au commissariat. Il a été officiellement "arrêté pour des faits présumés d'homicide par imprudence", a annoncé le ministre de l'intérieur espagnol, Jorge Fernandez Diaz.

    Placé en garde à vue dès jeudi soir, il avait refusé vendredi de répondre aux questions des policiers. Il doit être entendu par un juge avant la fin de sa garde à vue, dimanche soir. Tandis que deux enquêtes, l'une judiciaire et l'autre administrative, ont été ouvertes pour tenter d'expliquer cette tragédie ferroviaire, la plus meurtrière en Espagne depuis 1944, les autorités mettaient en cause ce cheminot, qui travaille depuis trente ans à la compagnie publique des chemins de fer Renfe.
    "UN EXCELLENT PROFESSIONNEL"
    "Il y a des indices raisonnables pour considérer qu'il puisse avoir une éventuelle responsabilité dans ce qui s'est passé, ce que devront de toute façon déterminer le juge et l'enquête", a estimé le ministre, à l'occasion d'un déplacement sur les lieux de l'accident, où gisait encore la locomotive, coupée en deux sous la violence du choc. "Déjà, quatre kilomètres avant le lieu de l'accident, il s'est vu notifier de commencer à ralentir", avait souligné auparavant le président du gestionnaire du réseau ADIF, Gonzalo Ferre, sur la télévision nationale. "A cet endroit passent six trains chaque jour et ce conducteur y est passé 60 fois, c'est-à-dire que sa connaissance de la ligne doit être exhaustive et maximale, à un endroit où la vitesse est limitée de manière permanente à 80 km/h", a renchéri le président de Renfe, Julio Gomez-Pomar Rodríguez, sur la télévision Antena 3.
    Mais dans la petite ville galicienne de Monforte de Lemos, où vit le cheminot, certains de ses proches voulaient le défendre. "C'est un excellent professionnel. C'est le premier accident qu'il ait jamais eu. Il n'a jamais commis la moindre faute", témoignait Antonio Rodriguez, un délégué syndical qui a rejoint la Renfe, la compagnie des chemins de fer espagnols, la même année que Garzon, en 1982.
    ÉLÉMENTS À CHARGE
    L'accident s'est produit mercredi à 20 h 42 au moment où le train, en provenance de Madrid, abordait un virage très serré à quatre kilomètres de la gare de Saint-Jacques de Compostelle. Deux éléments jouent en la défaveur du conducteur : une retranscription d'une communication radio, révélée par le quotidien El Pais, dans laquelle il admet qu'il circulait à 190 km/h au lieu des 80 autorisés, et une vidéo de quelques secondes diffusée sur internet, semblant provenir d'une caméra de sécurité sur les voies et montrant un train qui surgit à toute vitesse à l'entrée du virage, puis sort des rails et se couche sur le côté.
    Le journal El Mundo affirmait samedi, citant des sources proches de l'enquête, que le conducteur parlait au téléphone portable au moment du drame. Le train, un modèle hybride (pouvant rouler sur des voies classiques ou adaptées aux grandes vitesses) fabriqué par l'Espagnol Talgo et le Canadien Bombardier, circulait sur une ligne à grande vitesse, mais sur un tronçon, en courbe et dans une zone urbaine, où la vitesse est réduite. A cet endroit, la voie n'est pas équipée d'un système de freinage automatique du train s'il dépasse la limite de vitesse. Une lacune dénoncée par le secrétaire général du syndicat de conducteurs de trains Semaf, Juan Jesus Garcia Fraile, selon qui l'accident n'aurait "évidemment" pas eu lieu si ce tronçon avait été équipé du système adéquat.
    Ville de pèlerinage mondialement célèbre, Saint-Jacques de Compostelle continuait de panser ses plaies après ce tragique accident. Après avoir vécu les premiers enterrements vendredi, cette cité rendra hommage aux victimes dans une cérémonie lundi soir dans la cathédrale, devant laquelle fleurs et bougies ont été déposées par des fidèles anonymes.
    L'accident a fait 78 morts, qui avaient tous été identifiés samedi en fin de journée. Les familles ont alors pu aller récupérer les bagages de leurs proches.
    Huit étrangers figurent parmi les morts, un Français, un Algérien, une Mexicaine, un Américain, un Brésilien, une Vénézuélienne, une Dominicaine et un Italien. Sur les 178 blessés, 71 étaient toujours hospitalisés, dont 31 dans un état grave.http://www.lemonde.fr/europe/articl...43_3214.html#ens_id=3453216&xtor=RSS-3208
     

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