Zakaria Boualem de l’année

Discussion dans 'Nouvelles (9issass 9assira) & Chroniques' créé par Lila80, 3 Janvier 2008.

  1. Lila80

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    Le “Zakaria Boualem de l’année” est décerné collectivement à tous les Marocains…

    Nom : Boualem
    Prénom : Zakaria
    Né en 1976 à Guercif
    Signe particulier : Marocain à tendance paranoïaque


    À quelques jours de la fin de cette belle année, à portée de jenoui du sacrifice rituel, Zakaria Boualem estime qu’il est grand temps de livrer son bilan pour 2007. Voici donc, pour la première fois, les Zakaria Boualem de l’année.

    Dans la catégorie “Sportif de l’année” : notre ami Tarik Jarmouni, gardien de but à temps partiel et barbu le reste de la journée. Il s’est régulièrement illustré en offrant sur un plateau des buts tout faits aux attaquants adverses. Mais ce seul exploit n’aurait pas suffi pour obtenir cette distinction – il aurait été concurrencé par Lemyaghri. Non, il a conquis ce titre en agressant physiquement un partenaire maladroit qui a commis l’erreur de marquer contre son camp lors de la finale de la Coupe du trône. Voilà un exemple extraordinaire de fair play. Si on lui appliquait la même sanction, il aurait été depuis longtemps transféré aux urgences, si on en avait. Notons dans la même catégorie “Sportif de l’année”, l’excellente performance du juge de l’affaire Benchemsi, qui s’est déclaré épuisé après 30 minutes de procès et qui l’a aussitôt reporté “pour plus tard”.


    Catégorie “Feuilleton animalier de l’année” : les élections, avec en starring role tout un troupeau de chevaux, de dauphins, de lions et de tracteurs évoluant nonchalamment dans un décor de lanternes et d’épis de blé. Etonnamment, cette production nationale n’a pas réussi à captiver le téléspectateur. On se demande bien pourquoi.


    Catégorie “Héros de l’année” : un titre conquis collectivement par les habitants de Ksar El Kébir, qui se sont révoltés contre la perversion sexuelle, et en ont profité pour effectuer quelques pillages, sur leur noble lancée. Un bel exemple de démocratie directe, de prise de conscience collective et d’esprit civique. C’est vrai, quoi ! L’homosexualité n’existe pas chez nous, pas plus qu’en Iran d’ailleurs. Il faut donc détruire ce qui n’existe pas parce que sinon, il risque d’exister. Bravo !

    Catégorie “Che Guevara de l’année” : les chauffeurs de taxi qui ont fait grève pour protester contre la ceinture de sécurité. Les seuls au monde, soulignons-le. Pour justifier leur position de rebelles romantiques, ils ont invoqué des problèmes de dos, de sécurité, de bonnes mœurs,… etc. Le Maroc a besoin de citoyens de cette trempe, qui se révoltent contre l’arbitraire pour faire avancer les choses.

    Catégorie “Découverte de l’année” : elle nous est venue du Comité d’organisation de l’Exposition internationale 2012, qui a gentiment expliqué à Tanger que non, merci. Grâce à cette découverte, nous sommes désormais fixés sur notre incapacité à obtenir quoi que ce soit et qu’il serait de bon goût d’arrêter de demander régulièrement des trucs qu’on nous refuse. Grâce à eux, c’est clair. Vexant, mais clair.

    Catégorie “Chantier de l’année” : le TGV, incontestablement. Le prix de cette catégorie devrait être attribué au même TGV durant les 22 années qui viennent, puisqu’on nous a annoncé la fin des travaux vers 2030 inchallah. Ce même TGV est donc éligible à la distinction supérieure de “Chantier du siècle”, où il succèdera aux Pyramides égyptiennes et à la Muraille de Chine. En bonne position également, le tramway de Rabat et le métro de Casa - à moins que ce ne soit l’inverse. Une catégorie très disputée, finalement.

    Catégorie “Exploit de l’année” : le détenu salafiste qui a réussi à introduire sa femme en prison, empaquetée dans un plastique noir – on imagine les fantasmes que ce choix cache. Les gardiens ont réagi trop tard, et le forfait était déjà commis. Du coup, la dame se retrouve elle aussi derrière les barreaux pour débauche, et on se demande du coup ce qui est le plus incroyable dans cette histoire. Ce qui nous amène naturellement au dernier, le “Zakaria Boualem de l’année”, décerné collectivement à tous les Marocains pour leur créativité, leur sens de l’absurde, leur goût prononcé du délire, leur refus de rendre les armes devant la logique et leur persistance à résister à toute forme de rationalité. Merci à tous !


    Source: Telquel
     

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